PS5 : Sony attaqué en justice ? La fin des jeux physiques déclenche une enquête pour pratiques anticoncurrentielles

L’abandon des jeux physiques sur PS5 par Sony continue de faire polémique. Au Mexique, plusieurs parlementaires veulent saisir la justice pour déterminer si cette stratégie constitue une pratique anticoncurrentielle. Une procédure qui pourrait relancer le débat mondial sur l’avenir du jeu vidéo dématérialisé.

La décision de Sony Interactive Entertainment d’abandonner définitivement les jeux physiques sur PlayStation 5 continue de provoquer une onde de choc dans l’industrie vidéoludique. Alors que les joueurs dénoncent une mesure qui accélère la disparition des supports physiques au profit du tout-numérique, la polémique franchit désormais un nouveau cap. Au Mexique, plusieurs responsables politiques estiment que cette stratégie pourrait relever de pratiques anticoncurrentielles et comptent saisir la justice afin d’obtenir l’ouverture d’une enquête.

La fin des jeux PS5 en version physique suscite une vive controverse

Le 1er juillet dernier, Sony a officialisé une décision qui marquera un tournant historique pour l’écosystème PlayStation : à compter de janvier 2028, tous les nouveaux jeux PS5 seront exclusivement commercialisés au format numérique. Les traditionnels disques Blu-ray disparaîtront progressivement au profit de simples boîtes contenant un code de téléchargement ou d’une distribution intégralement dématérialisée via le PlayStation Store.

Si cette orientation répond, selon le constructeur japonais, à l’évolution des habitudes de consommation et à la montée en puissance des achats numériques, elle a immédiatement déclenché une vague de critiques. Pour de nombreux joueurs, cette transition signe la fin de la véritable propriété des jeux vidéo et renforce considérablement le contrôle exercé par Sony sur son écosystème.

Le Mexique envisage une plainte contre Sony pour pratiques anticoncurrentielles

La contestation ne se limite désormais plus aux communautés de joueurs. Selon les informations rapportées par Level Up, deux parlementaires mexicains, la députée Iraís Reyes et le sénateur Luis Donaldo Colosio, préparent une plainte devant la Cour fédérale du Mexique afin d’examiner si cette stratégie commerciale respecte les règles de la concurrence.

À leurs yeux, l’abandon du support physique ne constitue pas uniquement une évolution technologique, mais pourrait également modifier profondément le fonctionnement du marché du jeu vidéo en limitant la concurrence entre distributeurs.

Le sénateur Luis Donaldo Colosio s’inquiète notamment des conséquences économiques d’une telle décision pour les commerces spécialisés, encore très implantés dans le pays.

« Des détaillants comme Liverpool, Sanborns et GamePlanet ne seraient plus en concurrence pour vendre de nouveaux jeux vidéo, tandis que le marché de l’occasion disparaîtrait progressivement. Les consommateurs ne posséderaient plus réellement leurs jeux, mais uniquement une licence dont l’accès dépend entièrement des conditions fixées par Sony. »

Une disparition du marché de l’occasion qui inquiète les professionnels

L’un des principaux reproches adressés à Sony concerne précisément la disparition progressive du marché de l’occasion, un secteur qui représente encore une part importante de l’économie vidéoludique dans de nombreux pays.

Sans édition physique, il devient impossible de revendre un jeu terminé, de l’échanger ou encore de l’acheter à prix réduit auprès d’un autre joueur. Cette évolution fragilise directement les enseignes spécialisées, dont le modèle économique repose en grande partie sur la revente de jeux d’occasion.

En parallèle, le constructeur japonais renforcerait considérablement son contrôle sur la politique tarifaire. Avec un catalogue exclusivement distribué via le PlayStation Store, Sony pourrait fixer seul les prix des nouveaux jeux, sans véritable concurrence entre distributeurs physiques ou revendeurs en ligne.

Les promotions ponctuelles proposées par les grandes enseignes, souvent bien plus agressives que les tarifs officiels, pourraient ainsi devenir beaucoup plus rares.

Le tout-numérique pose aussi un problème d’accessibilité

Au-delà des questions économiques, cette transition vers le dématérialisé soulève également un problème d’accès aux contenus numériques.

Tous les territoires ne disposent pas aujourd’hui d’un accès complet au PlayStation Network. Plusieurs pays d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient, mais également certains États européens comme l’Andorre ou l’Albanie, rencontrent encore des limitations concernant les services de Sony.

Pour les joueurs résidant dans ces régions, la disparition du disque physique pourrait rendre l’achat des futurs jeux PlayStation beaucoup plus complexe, voire impossible dans certains cas.

Une contestation qui pourrait rapidement devenir internationale

Même si une procédure engagée au Mexique a peu de chances de contraindre, à elle seule, Sony à revoir entièrement sa stratégie mondiale, cette initiative pourrait ouvrir la voie à d’autres actions similaires.

En Europe, plusieurs responsables politiques ont déjà commencé à s’intéresser au sujet. En France, Jean-Luc Mélenchon a indiqué vouloir examiner cette question s’il accédait au pouvoir. Aux Pays-Bas, une association de consommateurs a également annoncé son intention d’engager une action en justice contre Sony afin d’évaluer la conformité de cette nouvelle politique commerciale avec le droit de la concurrence.

Pour l’heure, aucun gouvernement n’a toutefois adopté de mesure contraignante susceptible d’obliger Sony à maintenir la commercialisation des jeux PS5 sur disque.

Sony maintiendra-t-il sa stratégie face aux pressions politiques ?

Le constructeur japonais affirme vouloir accompagner l’évolution des usages en privilégiant la distribution numérique, devenue majoritaire dans plusieurs marchés. Pourtant, la multiplication des critiques, les inquiétudes autour de la préservation du patrimoine vidéoludique, la disparition du marché de l’occasion et les interrogations sur les droits des consommateurs alimentent une contestation grandissante.

La procédure annoncée au Mexique pourrait ainsi constituer le premier véritable test juridique de cette stratégie. Si elle ne remet sans doute pas immédiatement en cause la feuille de route de Sony, elle pourrait néanmoins encourager d’autres pays à examiner plus attentivement les conséquences d’un avenir entièrement numérique pour l’industrie du jeu vidéo.

A propos rivera

Rédacteur en chef et journaliste RP, ma passion pour les jeux vidéo et la technologie ne faiblit pas depuis mon adolescence, qui me semble pourtant bien lointaine. Un recul cependant intéressant, puisqu'il me permet de jauger les nouveautés avec un regard plein d'expérience, couplé à une envie d'écrire de tous les jours.

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