Meta envisagerait d’ajouter une fonctionnalité d’identification faciale limitée à ses lunettes connectées, dans un contexte de forte concurrence technologique.
Le groupe Meta travaillerait actuellement sur une technologie de reconnaissance faciale destinée à être intégrée à ses lunettes connectées, selon plusieurs sources concordantes. Cette initiative, encore à l’état de projet interne, ravive immédiatement les débats autour de la protection des données personnelles et du respect de la vie privée.
Meta et la reconnaissance faciale : un retour stratégique
Depuis plusieurs années, Meta tente de conjuguer innovation technologique et gestion des controverses liées à la confidentialité. En 2021, l’entreprise avait officiellement abandonné son système de reconnaissance faciale sur Facebook, à la suite d’une vive contestation publique.
Pourtant, la technologie n’a jamais totalement disparu de ses priorités. Elle a progressivement refait surface sur Instagram et Facebook, notamment dans le cadre de dispositifs destinés à lutter contre les arnaques exploitant l’image de personnalités publiques. Cette réintroduction progressive a concerné plusieurs régions, dont le Royaume-Uni, l’Union européenne et la Corée du Sud.
« Name Tag » : la reconnaissance faciale intégrée aux lunettes intelligentes
Selon une enquête du The New York Times, corroborée par quatre sources proches du dossier, Meta envisagerait désormais d’intégrer la reconnaissance faciale à sa gamme de lunettes intelligentes développées en partenariat avec des marques telles que Ray-Ban et Oakley.
Le projet porterait en interne le nom de code « Name Tag ». Son principe : permettre aux utilisateurs d’identifier certaines personnes de leur entourage via leurs lunettes et d’obtenir, grâce à l’intelligence artificielle, des informations issues des connexions déjà établies sur les plateformes du groupe ou à partir de profils publics Instagram.
Les sources citées précisent toutefois qu’il ne serait pas question d’une identification universelle des inconnus croisés dans la rue, scénario qui soulèverait des préoccupations éthiques encore plus importantes.
Confidentialité et stratégie : un lancement sous haute tension
La dimension éthique demeure centrale. Meta aurait, selon les informations disponibles, renoncé à présenter « Name Tag » lors d’une conférence dédiée aux personnes malvoyantes l’an dernier, jugeant le contexte trop sensible. De même, la fonctionnalité n’aurait pas été intégrée au lancement initial de ses lunettes connectées en 2023.
Un document interne consulté par le New York Times évoquerait toutefois une réflexion stratégique : profiter d’un climat politique instable aux États-Unis pour avancer plus discrètement sur certains projets controversés, estimant que les organisations traditionnellement critiques pourraient être mobilisées sur d’autres priorités.
Un enjeu de concurrence dans le marché des lunettes connectées
L’intégration de la reconnaissance faciale dans les lunettes intelligentes Meta s’inscrit également dans un contexte de compétition technologique accrue. Le marché des objets connectés portés sur le visage est en pleine expansion, et plusieurs acteurs majeurs, dont OpenAI, explorent des usages similaires associant intelligence artificielle et réalité augmentée.
Selon les éléments actuellement évoqués, le dispositif pourrait reposer sur les principes suivants :
- Reconnaissance faciale limitée aux contacts déjà enregistrés via les applications Meta.
- Affichage d’informations publiques issues d’Instagram.
- Absence d’identification généralisée des passants dans l’espace public.
Innovation technologique vs respect de la vie privée
Si certains observateurs voient dans ce projet une avancée majeure vers des usages augmentés des lunettes connectées, d’autres redoutent un affaiblissement supplémentaire des frontières entre espace privé et sphère publique.
La question demeure entière : comment concilier prouesse technologique et respect fondamental de la vie privée ? En relançant la reconnaissance faciale dans un format portable et discret, Meta ouvre un nouveau chapitre d’un débat qui, loin de s’éteindre, pourrait s’intensifier à mesure que l’IA s’invite dans les objets du quotidien.
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