Avis – R40 : le rétrogaming en version dépouillée

Plastique brut, interface minimaliste et performances sans esbroufe : la R40 ne cherche pas à séduire par le luxe, mais par l’accessibilité. Une console modeste, cohérente et fidèle à sa promesse.

R40 : le rétrogaming sans prétention, mais avec du cœur

Dans l’univers foisonnant des consoles portables dédiées au rétrogaming, la R40 ne cherche ni à impressionner par sa fiche technique ni à séduire par un discours marketing tapageur. Elle avance à contre-courant, avec une promesse simple : offrir un accès immédiat aux jeux d’hier, dans un format nomade, à un prix contenu. Une proposition presque naïve à l’heure où certaines machines flirtent avec le luxe technologique. Mais parfois, la simplicité a du bon.

Une esthétique sobre, presque austère

La R40 assume un design utilitaire. Son châssis en plastique, léger et compact, ne fait pas dans l’ostentation. Les lignes sont simples, les finitions correctes sans être irréprochables, et l’ensemble inspire davantage la robustesse que l’élégance. On est loin des consoles premium au toucher velouté ou aux matériaux sophistiqués, mais l’objet remplit son rôle : se faire oublier au profit du jeu.

En main, la console se montre plutôt bien équilibrée. La croix directionnelle est précise, ferme juste ce qu’il faut, et se révèle parfaitement adaptée aux jeux 2D. Les boutons d’action répondent correctement, même si leur course manque légèrement de moelleux. Les gâchettes arrière, en revanche, sont plus discutables : fonctionnelles, mais peu ergonomiques sur la durée, notamment pour les titres nécessitant une utilisation fréquente.

Un écran correct, sans artifices

La R40 est équipée d’un écran IPS de 3,5 pouces, suffisamment défini pour sublimer les pixels des consoles 8-bit et 16-bit. Les couleurs sont fidèles, les angles de vision satisfaisants, et l’affichage reste agréable tant que l’on joue en intérieur. La luminosité maximale montre cependant ses limites en plein jour, et l’absence de filtres avancés ou de shaders rappellera aux puristes que la machine privilégie l’accessibilité à la personnalisation.

Cela dit, pour un usage nomade et spontané, l’écran fait le travail sans frustrer.

L’essentiel là où on l’attend : l’émulation

C’est évidemment sur le terrain des performances que la R40 se joue. Et sur ce point, la console tient globalement ses promesses. Les systèmes 8-bit et 16-bit sont parfaitement émulés : NES, Super Nintendo, Mega Drive, Game Boy ou Game Boy Color tournent avec une fluidité exemplaire. Aucun ralentissement notable, une synchronisation sonore correcte, et une expérience fidèle aux souvenirs d’enfance.

La PlayStation première du nom est également bien gérée dans la majorité des cas. Les jeux emblématiques se lancent sans difficulté et restent parfaitement jouables. En revanche, dès que l’on s’aventure vers des machines plus exigeantes comme la Nintendo 64 ou certaines bornes d’arcade complexes, les limites matérielles apparaissent. Chutes de framerate, compatibilité inégale, réglages parfois nécessaires : la R40 ne fait pas de miracle et impose des compromis.

Une interface minimaliste, presque brute

La console repose sur un système Linux léger, accompagné d’une interface épurée. Tout va à l’essentiel : allumage rapide, navigation simple, accès immédiat aux jeux. Cette approche séduira les joueurs qui souhaitent jouer sans passer par une phase de configuration fastidieuse. À l’inverse, les utilisateurs plus aguerris regretteront l’absence d’options avancées et une organisation parfois confuse des bibliothèques.

La fameuse promesse de « milliers de jeux préinstallés » mérite également d’être relativisée. Si la quantité est bien là, la qualité est inégale, avec de nombreux doublons et des titres sans réel intérêt. Heureusement, la possibilité d’ajouter ses propres ROMs via carte microSD permet de reprendre le contrôle de sa ludothèque.

Autonomie honnête, connectivité minimale

Côté endurance, la R40 propose entre quatre et six heures de jeu selon les émulateurs utilisés et la luminosité de l’écran. Une performance cohérente avec son positionnement. La recharge s’effectue via USB-C, un standard appréciable, même si aucune fonction de charge rapide n’est proposée.

La connectivité reste volontairement limitée : pas de sortie HDMI, pas de vocation salon. La R40 est une console pensée pour le jeu portable, et uniquement pour cela.

Verdict

La R40 n’est ni une console ambitieuse ni une vitrine technologique. Elle est une machine honnête, fidèle à sa philosophie et à son prix. Elle s’adresse avant tout aux joueurs nostalgiques, curieux ou occasionnels, désireux de replonger dans les classiques sans se ruiner ni se perdre dans des réglages complexes.

Ses défauts sont réels — finition perfectible, puissance limitée, interface spartiate — mais jamais rédhibitoires au regard de son positionnement. La R40 n’est pas une console de passionnés exigeants. Elle est une console de plaisir simple. Et parfois, c’est largement suffisant. Et pour finir, cerise sur le gâteau, on peut la trouver sur les sites marchands chinois pour moins de CHF 40.-

A propos rivera

Rédacteur en chef et journaliste RP, ma passion pour les jeux vidéo et la technologie ne faiblit pas depuis mon adolescence, qui me semble pourtant bien lointaine. Un recul cependant intéressant, puisqu'il me permet de jauger les nouveautés avec un regard plein d'expérience, couplé à une envie d'écrire de tous les jours.

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