Selon Micron, la demande explosive liée à l’intelligence artificielle maintiendra une forte tension sur le marché de la RAM encore plusieurs années, sans perspective d’amélioration rapide.
Le fabricant de semiconducteurs Micron dresse un constat sans appel : la pénurie mondiale de mémoire vive est appelée à perdurer au moins jusqu’en 2028. En cause, une demande toujours plus soutenue alimentée par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, dont l’appétit en ressources mémoire ne montre aucun signe de ralentissement. Dans ce contexte, aucune détente significative n’est envisagée à court ou moyen terme.
Un secteur technologique sous tension permanente
Pour les consommateurs, les effets de cette rareté sont déjà palpables. Ordinateurs portables et de bureau, consoles de jeux, SSD : l’ensemble de la chaîne technologique subit une inflation continue des prix, devenue difficile à ignorer. Plusieurs poids lourds de l’industrie partagent aujourd’hui le même diagnostic : la situation actuelle ne relève pas d’un simple déséquilibre conjoncturel, mais d’une pression structurelle appelée à s’inscrire dans la durée.
L’IA, moteur vorace de la demande
En toile de fond, un facteur s’impose comme déterminant : la montée en puissance des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. La prolifération de ces infrastructures siphonne une part croissante de la production mondiale de mémoire. Christopher Moore, vice-président marketing chez Micron, évoque un marché qui progresse à un rythme « absolument phénoménal ». Sous l’effet de cette ruée vers l’IA, les fabricants réorientent prioritairement leurs capacités vers des clients industriels aux besoins massifs et immédiats. Le marché grand public, sans être totalement négligé, se retrouve de facto relégué à l’arrière-plan.
Des capacités industrielles longues à ajuster
Face à cette demande hors norme, l’appareil productif peine à suivre. Accroître les volumes de fabrication implique des investissements lourds et des délais incompressibles. La construction de nouvelles salles blanches ou la reconversion d’installations existantes s’apparente à un marathon industriel. Christopher Moore le reconnaît : aucune montée en puissance véritablement perceptible ne pourra intervenir avant 2028. Même les projets engagés de longue date, comme l’usine lancée par Micron dans l’Idaho il y a plusieurs années, ne produiront leurs effets qu’à moyen terme.
Plusieurs éléments expliquent cette inertie :
- la transformation des lignes de production exige du temps et entraîne, dans l’intervalle, une baisse de rendement ;
- l’ensemble du secteur est concerné, et non un acteur isolé ;
- la dépendance directe aux cycles de l’IA maintient une pression constante sur l’offre.
Des perspectives peu rassurantes pour le grand public
À ce stade, tout indique que la hausse des prix des équipements intégrant de la mémoire vive s’inscrira dans la durée. Des produits attendus ou emblématiques — qu’il s’agisse de nouvelles consoles, de machines dédiées au jeu ou de dispositifs de réalité virtuelle — pourraient devenir financièrement inaccessibles pour une partie du public. Tant que la demande liée à l’intelligence artificielle restera aussi soutenue, espérer un retour rapide à la normale relève davantage du vœu pieux que d’une perspective réaliste.
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