Après des années de pertes colossales et une restructuration douloureuse, le groupe de Mark Zuckerberg redéfinit ses priorités. L’heure n’est plus aux mondes virtuels coûteux, mais à l’intelligence artificielle et aux objets connectés, jugés plus prometteurs et rentables.
Après plusieurs exercices marqués par des pertes colossales et une vague de licenciements sans précédent, Meta amorce un virage stratégique majeur. Le groupe dirigé par Mark Zuckerberg semble désormais tourner la page du métavers tel qu’il l’avait imaginé, pour concentrer ses efforts sur l’intelligence artificielle et les lunettes connectées. Une inflexion décisive qui redéfinit en profondeur les priorités du géant des réseaux sociaux.
Mark Zuckerberg revoit la stratégie du métavers
Le climat change sensiblement chez Meta. Longtemps symbole de l’ambition démesurée du métavers, la division Reality Labs a accumulé les déficits, fragilisant la trajectoire financière du groupe. Début janvier, plus d’un millier de salariés ont été remerciés, un signal fort qui dépasse le simple ajustement conjoncturel. Ces suppressions de postes traduisent une remise à plat des projets liés à la réalité virtuelle et à l’univers immersif, désormais relégués au second plan.
Lors de la présentation des résultats trimestriels, Mark Zuckerberg a confirmé ce changement de cap. Sans renier totalement la vision initiale, le fondateur de Facebook reconnaît implicitement les limites d’un modèle trop coûteux et trop éloigné des usages actuels.
Lunettes connectées et IA : le nouveau pari technologique de Meta
À la place du métavers, Meta mise désormais sur des objets connectés dopés à l’intelligence artificielle, au premier rang desquels figurent les lunettes intelligentes. Selon Zuckerberg, ce segment connaît une croissance fulgurante : les ventes auraient « plus que triplé en 2025 », signe d’un intérêt croissant du public pour ces dispositifs hybrides.
L’ambition affichée est claire : faire des lunettes connectées de véritables assistants du quotidien. Capables de voir, d’entendre et d’analyser l’environnement de l’utilisateur, elles incarnent la convergence entre IA générative et matériel grand public. Une approche jugée plus pragmatique, et surtout plus rentable à moyen terme.
Reality Labs : des pertes toujours lourdes mais enfin maîtrisées
Si Meta n’abandonne pas totalement la réalité virtuelle — la plateforme mobile Horizon demeure un axe de développement — l’heure est désormais à la discipline budgétaire. Pour la première fois depuis plusieurs années, Mark Zuckerberg anticipe une stabilisation des pertes de Reality Labs en 2025, autour de niveaux déjà historiquement élevés, dépassant les 19 milliards de dollars annuels.
« Ce pic devrait marquer un tournant », a-t-il assuré, laissant entendre que la réduction progressive des déficits est désormais une priorité stratégique. Une déclaration qui vise autant à rassurer les investisseurs qu’à crédibiliser la nouvelle orientation du groupe.
Une rationalisation assumée des projets immersifs
Cette mutation s’est traduite concrètement par la fermeture de plusieurs studios spécialisés dans la réalité virtuelle, l’abandon d’applications dédiées aux réunions en environnement immersif et la mise en pause du développement d’Horizon OS pour des casques tiers. Autant de décisions qui confirment le recentrage de Meta sur des technologies jugées plus immédiatement exploitables.
En toile de fond, Meta semble ainsi troquer les promesses lointaines d’un monde virtuel total contre une stratégie plus opérationnelle, ancrée dans l’intelligence artificielle et les usages quotidiens. Un virage pragmatique, dicté par les réalités économiques, qui pourrait bien redessiner durablement le visage du groupe de Mark Zuckerberg.
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