Avis – Resident Evil : Requiem

Premier titre majeur de cette année pour Capcom, Resident Evil Requiem s’inscrit comme le renouveau du genre survival horror après un huitième opus qui a énormément divisé la communauté. L’équipe chargée de la production profite du 30ᵉ anniversaire de la franchise pour renouer avec les origines de la saga et offrir l’épisode le plus ambitieux. Le choix de faire revenir l’un des protagonistes emblématiques permet d’accroître l’intérêt autour du titre sans compter la communication intense de la part du studio japonais ces dernières semaines. Resident Evil : Requiem sort le 27 février et nous avons pu jouer en avance au titre, alors la hype est-elle au rendez-vous?

Conditions de test : notre avis se base sur la version PlayStation 5 Pro. Le titre est particulièrement stable et profite de la dernière version du RE Engine pour offrir des graphismes de qualité avec ses jeux de lumières très poussés, notamment grâce au ray tracing, et une modélisation des visages et des personnages particulièrement réussie, le tout propulsé avec une résolution en 4k et un framerate constant à 60 images par seconde. Aucun bug n’a été décelé tout au long de notre périple, soit une vingtaine d’heures de jeu afin de boucler l’histoire.

Un duo de choc

L’intrigue de Resident Evil se déroule en 2026 et se concentre sur une infection responsable de plusieurs morts étranges qui frappent les États-Unis. Pour essayer de faire la lumière sur cette affaire, le FBI débauche Grace Ashcroft, fille d’Alyssa Ashcroft qu’on retrouve dans Resident Evil Outbreak, qui va rapidement se retrouver mêlée à une sombre histoire et vivre les pires horreurs de sa vie. En parallèle, Léon S. Kennedy, qu’on retrouve plus âgé et marqué par les années, enquête également sur ces disparitions tragiques qui touchent principalement les survivants de Raccoon City. Tous deux vont rapidement faire face à Victor Gideon, scientifique spécialisé autrefois dans la recherche sur le virus T au sein d’Umbrella Corp, qui s’intéresse particulièrement à Grace, et semble être la clé de cette nouvelle infection.

Les bases posées, Requiem nous fait explorer et progresser dans différents lieux inédits comme l’hôtel de Wrenwood, le centre de soin de Rhodes Hill et nous ramène à Raccoon City pour la première fois depuis les évènements de 1998 sur les ruines de la ville marquées par la frappe de missile. L’idée est de boucler la boucle sur l’incident original qui a changé le monde et vise à combler les zones d’ombre entre l’incident et la chute finale d’Umbrella tout en jouant sur la fibre nostalgique des fans des premières heures. Le titre renferme énormément de clins d’œil et autres références, comme des lieux, des passages ou des messages qui font écho aux premiers épisodes.

Requiem s’inscrit dans la droite lignée des précédents titres de la franchise et propose d’incarner un nouveau duo dont les destins s’entremêlent et se définissent par deux styles et deux ambiances radicalement différentes. Ce choix permet aux développeurs d’offrir le titre le plus ambitieux, qui devient une sorte de condensé de tout ce qui a pu être réalisé par le passé et bénéficie de tout l’héritage de la saga. Un peu l’épisode ultime qui redéfinit la licence et marque d’un point d’honneur le travail de plusieurs décennies.

Les premières heures nous plongent dans les couloirs sombres et lugubres du centre de soin de Rhodes Hill dans lesquels on retrouve principalement Grace, vulnérable, fragile et peu habituée au combat, dont les segments sont axés sur l’horreur pure, se concentrant sur l’enquête, la furtivité et une tension psychologique extrême et permanente. Elle est poursuivie tout au long par une entité menaçante (référence à Mr. X ou Nemesis). Cette phase reprend les codes du survival horror poussé une nouvelle fois à l’extrême. 

La seconde moitié du titre nous transporte cette fois à Raccoon City, dont les décors et la structure deviennent plus ouverts et moins sombres, dans laquelle Leon S. Kennedy devient le personnage central de la narration. Les développeurs ont axé cette phase sur l’action et le combat rapproché, référence à Resident Evil 4, en utilisant toute l’expérience de Léon pour affronter des hordes d’ennemis avec un nouvel arsenal, incluant un tomahawk militaire pour trancher dans le vif. Le retour de certains ennemis emblématiques ravira à coup sûr les fans

Un retour aux origines

Une nouvelle fois Resident Evil : Requiem s’inscrit dans la continuité des précédents opus et propose ce qui se fait de mieux dans la franchise en termes de gameplay sans bousculer ce qui a déjà été fait. Resident Evil garde cette prise en main lourde et lente qui s’adapte parfaitement au style horrifique et qui maintient cette tension palpable en permanence. Allez, Grace… cours ! C’est sans compter sur l’ambiance sonore, des jumpscares bien placés et le doublage des personnages qui accentuent l’immersion. Mention spéciale pour le doublage français de très bonne qualité. Entendre la voix et la respiration tremblante de Grace transfère toute la peur qu’elle ressent.

Cet aspect est renforcé par la possibilité de choisir et de jongler à tout moment entre les vues à la première personne (par défaut sur Grace) ou à la troisième personne (par défaut sur Leon), bien qu’il soit plus que conseillé de garder les paramètres définis par les développeurs puisque le titre a été construit dans ce sens. Par ailleurs, avec Grace, certains passages repassent automatiquement à la première personne si vous avez changé ces paramètres. On note que la transmission entre les deux vues se fait de manière rapide et fluide et ne dégrade ni les performances ni la qualité visuelle.

Pour ma part, j’ai parcouru l’intégralité de ce neuvième opus avec la vue à la troisième personne, que ce soit sur Grace ou Léon.

On retrouve bien entendu la gestion de nos ressources très limitée au travers de cet inventaire horrible que traîne la franchise depuis le début. Il parait que cela fait partie du charme de Resident Evil. La fabrication d’objets est également au centre de l’expérience et devient une nécessité. Faire nos kits de soins, nos munitions, apporter des modifications à nos armes n’a jamais été aussi important. Contrairement à Léon qui dispose d’un tomahawk pour trancher la chair, Grace dispose d’un nouveau kit qui lui offre la possibilité de réduire les zombies en une mélasse de sang et de chair à la manière de Blade et de son fameux sérum contre les vampires. Petit clin d’œil pour les moins jeunes qui ont la référence.

Comme notifié plus haut, la deuxième partie de l’histoire qui nous amène à Raccoon City offre à Léon une plus grande variété et une meilleure gestion des armes au travers de divers achats et d’améliorations.

Le gameplay, bien calibré, évolue tout en douceur en fonction de votre avancée dans la narration. Pensez à prendre votre temps et à bien analyser votre environnement pour ne pas vous retrouver piégé ou à court de ressources. Malheureusement, la structure ne change guère, on avance étape par étape, en résolvant toujours une énigme dans laquelle il faut récupérer trois objets spécifiques, ou activer trois interrupteurs, trouver une clé, une autorisation d’accès et revenir sur nos pas pour enfin déverrouiller la porte ou activer le mécanisme pour réussir à s’échapper, tout en fuyant la horde de zombies qui nous attend. Sur ce point, Resident Evil ne change pas et garde la même formule depuis les tous premiers opus.

L’une des principales nouveautés pour ce Requiem est l’ajout d’une identité et d’une personnalité propres à certains zombies. Plus humain, certains infectés auront un comportement spécifique qu’il faudra observer et exploiter pour vous faufiler en douce. Un infecté qui cherche à tout prix à éteindre les lumières, oui, c’est pas Versailles ici, ou un autre qui continue de nettoyer frénétiquement toute tâche de sang. Sur le papier cet ajout apporte une touche d’originalité, malheureusement en jeu c’est bien trop peu exploité et cela reste cantonné aux premières heures de jeu. C’est dommage, cet ajout aurait mérité un traitement plus important. 

Hormis ce petit couac, pourtant une des fonctionnalités mises en avant depuis l’annonce, Resident Evil : Requiem devient à mon sens le meilleur épisode de la série. La mise en scène, le fil narratif et le choix scénaristique permettent de garder notre curiosité éveillée et l’envie de progresser pour connaître le dénouement final est permanente. Le fait que l’histoire se recentre sur les origines de la catastrophe avec Umbrella et surtout le retour de Léon joue un rôle indéniable et se paie même quelques passages épiques. De plus, le studio profite de ce nouvel opus pour élever un peu plus le curseur de l’horreur à son paroxysme. Requiem est vraiment gore, très gore, son PEGI 18 est plus que nécessaire, mais qu’est-ce que cela fait du bien. Vous êtes prévenue, âme sensible s’abstenir. Resident Evil : Requiem devient la nouvelle référence de la franchise.

Verdict : 4.5/5

A propos cedric

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