Avis – Marathon : le pari audacieux de Bungie

Le studio qui a défini le FPS moderne avec Halo et Destiny revient à ses racines et ressort du fond de ses tiroirs l’une de ses premières licences sortie dans les années 90 principalement sur Mac. Avec le reboot de Marathon, Bungie abandonne la formule initiale et propose une expérience multijoueur très axée joueur contre joueur au travers d’un extracteur shooter et poursuit, de fait, les plans initiés par PlayStation dans sa conquête des jeux-services. Après plusieurs reports et un développement hasardeux depuis son annonce en 2023, Marathon est enfin disponible depuis le 5 mars. Après plusieurs tentatives, nous vous livrons notre avis. Sans spoiler : nous n’avons pas été emballés.

Conditions de test : cet avis se base sur un retour d’expérience console précisément sur la version PlayStation 5 (PS5 Pro). Ce test arrive un peu tard puisque le studio a demandé d’attendre le déploiement du mode classé et le contenu endgame avec la quatrième carte, Cryo Archive. Mais honnêtement notre avis est déjà fait et cela ne change plus grand-chose.

Tau Ceti IV, paradis ou enfer? 

L’histoire de Marathon prend place sur la planète Tau Ceti IV IV et fait suite aux événements du premier jeu de 1994. La colonie humaine présente était florissante avant d’être attaquée par les Pfhors (une race extraterrestre esclavagiste) et dévastée par des agents biologiques. Pendant un siècle, la colonie n’a plus donné signe de vie, mais en 2893, un signal mystérieux émanant des restes du vaisseau colonial, l’UESC Marathon, est capté à travers la galaxie. Ce signal déclenche une véritable « ruée vers l’or » technologique.

On incarne un runner, un mercenaire sans corps, dont la conscience est numérisée et transférée dans des enveloppes biosynthétiques de pointe appelées les shells. Notre but est de piller les ressources et secrets de l’ancienne colonie pour les grandes corporations et factions politiques.

L’histoire n’est pas racontée par des cinématiques classiques, mais de manière fragmentée en remplissant les différents contrats de faction ou au travers de codex, d’objets que vous ramassez et des événements qui évoluent chaque saison pour peu que vous appréciiez la lecture.

Ce pitch intéressant s’accompagne d’une direction artistique et d’un visuel unique qui ne fait pas dans la demi-mesure, on pense notamment aux quelques cinématiques de présentation des factions ou lors des scènes d’attente lors des chargements avant une partie. C’est à la fois étrange et totalement envoûtant. On aime ou on aime pas, mais on reste pas indifférent puisque le choc est immédiat. Le style rétrofuturiste mélangeant des influences comme Mirror’s Edge, Aeon Flux et Ghost in the Shell affiche des couleurs acides aux côtés d’environnements épurés, voire un peu vides, et d’un character design élégant pour chaque shell. Graphiquement c’est beau et réussi mais on a eu du mal à accrocher. Une nouvelle fois cette direction artistique est unique en son genre et change de ce à quoi nous avons l’habitude jusqu’à maintenant.

En revanche, ce qui est sûr, c’est que cette esthétique se répercute sur l’interface. Les icônes et les menus sont très stylisés mais souvent illisibles. On passe trop de temps à essayer de comprendre quel objet on vient de ramasser. En parlant d’interface, Marathon souffre d’un énorme problème, ses menus. En plus de la multitude d’informations et de sous-menus, c’est surtout son ergonomie qui est déplaisante. Il n’y a pas forcément de logique lorsqu’on prépare nos courses. Passer du coffre aux contrats ou du choix des cadres et personnalisations, c’est assez pénible. Il faut un certain temps pour s’adapter. Heureusement, Bungie semble soucieux des retours de la communauté et propose depuis la sortie quelques ajustements qui améliorent la qualité de vie du jeu sur ce point.

Un gameplay que seul Bungie sait faire.

Marathon est un extraction shooter PvPvE dont le concept est connu des habitués du genre. Jouable en équipe de trois ou seul, vous entrez dans une zone, vous lootez, et vous tentez d’en sortir vivant. Si vous mourez, vous perdez tout l’équipement trouvé. En plus de la perpétuelle boucle de course aux ressources, les parties peuvent être rythmées par les contrats à réaliser au nom des différentes factions. La validation des contrats permet d’améliorer votre réputation et de faire progresser la narration à défaut d’améliorer nos conditions de vie tout au long de la saison au travers d’arbres de talents bien pensés. Implants, armes, stockage ou mods d’armes, tout est fait pour optimiser nos courses.

En ce qui concerne les sensations de tir, l’expérience du studio n’est plus à présenter, le titre propose une très belle variété d’armes et chacune d’entre elles possède une identité sonore et physique propre. C’est précis et nerveux et devient très satisfaisant une fois qu’on installe les bons mods. 

Pour ce qui est de l’aire de jeu, les trois cartes disponibles sur Tau Ceti IV possèdent leur propre identité visuelle et leur propre niveau de danger. 

Perimeter est la carte avec laquelle tout le monde commence et offre des paysages ouverts, tandis que Dire Marsh est un marécage sombre et oppressant où une anomalie mystérieuse fait léviter des conteneurs et des débris dans les airs. La visibilité est réduite par le brouillard et la végétation. Pour finir, Outpost est plus petite mais également plus verticale avec ses structures ultramodernes centrées autour d’un immense pilier. Les affrontements sont plus intenses et il y a énormément de caméras de sécurité et de tourelles qui peuvent révéler votre position aux autres joueurs. C’est une zone à haut risque, mais avec le meilleur loot.

Les trois zones sont bien construites et proposent divers lieux à explorer afin de dénicher les matériaux, les codex ou autres secrets, en attendant l’arrivée de Cryo Archive, le contenu endgame disponible au niveau 25 et uniquement en équipe. De quoi donner l’envie de s’y replonger, du moins sur les premières heures, puisqu’au final, Marathon reste très classique.

La petite originalité vient de son aspect hero shooter. Bungie propose avec Marathon la possibilité de choisir entre six shells, les fameuses enveloppes biosynthétiques. Chaque Shell possède des talents et passifs uniques. De fait, on retrouve les différents archétypes connus, comme le tank, le médic ou encore le voleur. De quoi offrir une certaine synergie en équipe. Du moins sur le papier, puisqu’un certain déséquilibre existe actuellement en jeu, surtout dans leurs utilisations par les joueurs.

Mais voilà, Marathon se heurte à un très gros problème et ce qui suit fait énormément débat. Entre tension et frustration, l’expérience propose une difficulté brutale et ne pardonne pas. Marathon est clairement taillé pour offrir une expérience FPS joueur contre joueur, ce qui accentue l’aspect jeu de niche destiné à une petite poignée de joueurs. 

Alors oui le principe d’un extraction Shooter est la perte de son équipement et tous les objets récupérés en partie lorsqu’on meurt, mais la frustration est plus grande lorsque d’un côté on se retrouve face à une IA clinique et mortelle qui ne donne aucun répit puisqu’une simple erreur de placement face à deux sentinelles peut renvoyer ton Shell au garage et de l’autre la rencontre avec les autres joueurs qui se solde par une mort ultra-rapide dû à un TTK, le fameux time to kill ultra-rapide, accentué par le fait que tout niveau se retrouve sur la même carte. On en arrive à hésiter à lancer une partie et à prendre ses meilleures armes et équipements sous peine de tout perdre rapidement et de ne pas pleinement profiter de l’expérience. 

Certains diront que l’amélioration de l’équipement change énormément la donne, et c’est vrai, mais faut-il encore avoir la possibilité d’atteindre cette étape ou tout simplement d’avoir assez de patience et de motivation. Franchement, comme le dit si bien Bungie à propos de Marathon, bonne chance.

Je vais être honnête, Marathon divise et c’est également le cas pour moi. D’un côté vous avez les joueurs habitués aux extracteurs shooter qui trouveront à coup sûr un excellent titre et passeront des heures, pour peu que le dernier de Bungie trouve le succès nécessaire sur le long terme, et de l’autre les curieux et néophytes qui détesteront, surtout si Marathon est là, votre porte d’entrée au genre. À défaut, il faudra s’armer de beaucoup de patience. Bungie a clairement joué la carte du jeu de niche et s’est focalisé uniquement sur l’aspect compétitif en oubliant de permettre à tous de s’amuser et d’offrir une vraie courbe de progression plus appropriée.

Verdict 3/5

A propos cedric

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