Avis – Onimusha : Way of the Sword – Le retour triomphant d’un grand nom de l’action

Après de longues années d’attente, Capcom signe un retour fracassant sur le devant de la scène avec la résurrection d’une franchise emblématique : Onimusha : Way of the Sword. L’éditeur japonais réussit le pari de dépoussiérer la série tout en restant fidèle à son ADN, refusant de succomber à la facilité d’un simple copier-coller de la formule Souls-like. En privilégiant une grande aventure solo, viscérale et rythmée, le titre s’impose immédiatement comme un rendez-vous majeur pour les amateurs du genre.

Ce test se base sur la version PlayStation 5 (Pro)

Une fresque fantastique au cœur du folklore japonais

L’histoire nous immerge dans un Japon de l’époque d’Edo dévasté par le miasme, un mal démoniaque ravageur qui menace d’anéantir Kyoto et le reste du pays. C’est dans ce contexte apocalyptique qu’apparaît Miyamoto Musashi, un jeune samouraï fougueux et arrogant mué par la volonté obsessionnelle de prouver qu’il est le plus grand épéiste du pays. Entraîné malgré lui dans un conflit qui le dépasse, il devient l’instrument des Oni pour purger les terres des forces Genma. Ancré dans une mythologie japonaise passionnante, le récit brille par la qualité de son écriture et son rythme soutenu. Tout comme le charisme de Musashi et sa vanité mise à mal par la réalité des événements, le récit apporte une touche d’humour décalée qui adoucit le propos, au point de rendre certaines figures d’antagonistes et de boss étonnamment attachantes. Cette réussite narrative est sublimée par une localisation française intégrale d’un soin exemplaire, portée par un doublage d’une rare finesse qui renforce l’immersion à chaque échange. 

Structure, exploration et générosité du contenu

Pour orchestrer cette progression, les développeurs ont fait le choix d’un découpage hybride combinant une ville de Kyoto semi-ouverte à des cartes plus cloisonnées et linéaires servant d’embranchements scénaristiques. Cette architecture équilibrée permet d’alterner entre l’intensité de la trame principale et des phases de respiration consacrées aux activités annexes, habilement intégrées sous la forme des mystères de Kyoto et des rencontres fortuites. Loin d’être de simples prétextes, ces quêtes secondaires enrichissent considérablement le lore tout en nourrissant un système de progression complet.

Musashi évolue au fil du récit en débloquant de nouvelles capacités, mais aussi au travers d’arbres de talents et d’améliorations apportées à son équipement. Ce qui ajoute une couche de recherche de ressources à travers la carte qui s’insère naturellement dans le parcours du joueur, incitant à fouiller l’environnement sans jamais alourdir le rythme de l’aventure.

Avec une trame principale d’environ 25 heures en ligne droite, poussée sans peine à plus de 30 heures dès lors que l’on s’attarde sur l’exploration et les quêtes secondaires, Onimusha : Way of The Sword reste très généreux. Cette durée de vie solide est d’ailleurs prolongée par un New Game Plus et un niveau de difficulté supplémentaire débloqués une fois le premier run achevé, idéal pour prolonger le plaisir et relever un défi encore plus corsé.

La synthèse idéale entre exigence technique et pur plaisir d’action

Sur le terrain du gameplay, le titre s’affirme comme un action-RPG d’une grande richesse, fondé sur la maîtrise absolue du timing. Il emprunte à l’exigence des grands jeux d’action la nécessité de doser parfaitement ses esquives et ses parades, mais rejette l’aspect ultra-punitif qui peut parfois rebuter dans d’autres productions. Le jeu préfère miser sur un plaisir immédiat en décuplant les capacités de Musashi et en lui offrant des pouvoirs Oni spectaculaires. Grâce à une mise en scène dynamique et à des animations d’une fluidité remarquable, chaque contre-projection, déviation ou parade réussie transforme le moindre combat en un duel gratifiant et visuellement impressionnant. Cette diversité dans les possibilités de gameplay évite aux affrontements réguliers de devenir génériques, tandis que les combats de boss constituent de véritables sommets du jeu par leur mise en scène, leur dimension colossale et leur diversité.

Une réalisation de haut vol gâchée par de rares accrocs

D’un point de vue visuel et technique, le RE Engine fait une démonstration de force supplémentaire en délivrant des décors somptueux et des modélisations saisissantes qui n’ont rien à envier aux plus grandes productions actuelles. Pour rendre l’expérience accessible au plus grand nombre, Capcom a intégré deux modes de difficulté distincts. Pour autant, choisir le mode histoire ne signifie pas pour autant traverser le jeu en dilettante : l’apprentissage du pattern des ennemis ainsi que la maîtrise des esquives instinctives et des déviations demeurent obligatoires pour l’emporter face aux boss. Le seul véritable reproche ergonomique concerne la gestion de la caméra, qui montre ses limites dans les espaces étroits ou lors de duels contre des créatures de grande envergure, imposant parfois des ajustements manuels agaçants au cœur de l’action.

L’excellence au bout du sabre

Onimusha : Way of the Sword s’impose comme une réussite incontestable et le retour triomphal d’une licence culte. En combinant un système de combat riche et exigeant à une narration captivante portée par un doublage français irréprochable, le jeu offre une expérience viscérale dont on ne décroche pas pendant ses 30 heures de jeu. Malgré de rares problèmes de caméra dans les lieux les plus confinés, cette traversée d’un Japon fantastique émerveille par sa générosité et donne immédiatement envie de se replonger dans l’aventure grâce au New Game Plus.

Verdict : 4.5/5

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