Avec ses sticks TMR interchangeables à chaud, son polling rate de 8 000 Hz en filaire comme en 2,4 GHz, ses gâchettes à double fonctionnement et une profusion de commandes personnalisables, l’ASUS ROG Raikiri II Pro PC ne manque certainement pas d’arguments. Cette manette résolument haut de gamme vise en priorité les joueurs PC exigeants et compétitifs. Nous avons passé en revue cette débauche technologique pour déterminer si elle apporte réellement quelque chose une fois en jeu.
Sur le marché des périphériques gaming, la manette est devenue un terrain d’affrontement technologique presque aussi intense que celui des souris. Les simples sticks analogiques et boutons à membrane ne suffisent plus : capteurs magnétiques, fréquences d’interrogation élevées, commandes arrière, gâchettes à course variable et logiciels de personnalisation sont désormais autant d’arguments pour séduire les joueurs les plus exigeants.
Avec la ROG Raikiri II Pro PC, ASUS pousse cette logique particulièrement loin. La nouvelle venue repose notamment sur des joysticks TMR remplaçables, un polling rate atteignant 8 000 Hz, six commandes supplémentaires, des boutons à micro-switches et une connexion triple mode. Elle est officiellement compatible avec Windows 10 et Windows 11 et, contrairement à certaines autres Raikiri, cette déclinaison est spécifiquement pensée pour le PC.
Une finition qui correspond à ses ambitions haut de gamme
Dès la prise en main, la ROG Raikiri II Pro PC assume son positionnement. Ses dimensions de 155 x 105 x 65 mm restent proches de celles d’une manette Xbox traditionnelle, mais son équipement particulièrement généreux porte son poids annoncé à 345 grammes, câble compris.
La forme asymétrique des sticks reste immédiatement familière aux habitués des contrôleurs Xbox. ASUS ne cherche donc pas à réinventer l’ergonomie fondamentale d’une manette, mais plutôt à enrichir considérablement ce qui se passe autour des doigts.
Et il s’en passe beaucoup.
La façade accueille les quatre traditionnels boutons ABXY et une croix directionnelle, mais ASUS utilise ici des micro-switches. Le résultat recherché est une activation beaucoup plus franche que celle obtenue avec des membranes traditionnelles, avec ce petit clic mécanique qui rapproche presque la sensation de celle d’une souris gaming. La croix, les boutons ABXY, les bumpers ainsi que les quatre commandes arrière bénéficient de cette technologie.
Pour les jeux nécessitant des enchaînements rapides, cette sensation plus nette constitue l’un des principaux agréments de la Raikiri II Pro. Les commandes donnent davantage l’impression de répondre immédiatement à la pression, tout en procurant un retour tactile particulièrement précis.
Des sticks TMR pour attaquer le problème du drift
La technologie utilisée pour les joysticks constitue probablement l’un des arguments les plus importants de cette génération.
ASUS abandonne les potentiomètres traditionnels au profit de capteurs TMR – Tunnel Magnetoresistance. Comme les sticks à effet Hall, cette technologie repose sur une détection magnétique sans contact, ce qui doit considérablement réduire le phénomène d’usure mécanique à l’origine du fameux stick drift.
Selon ASUS, le TMR offre en outre une meilleure précision et une consommation énergétique inférieure à celle des solutions à effet Hall. Il faudra évidemment plusieurs années d’utilisation pour juger de la longévité réelle de ces modules, mais le choix technologique apparaît particulièrement pertinent sur une manette haut de gamme.
Surtout, ASUS ne s’est pas contenté de remplacer la technologie interne : les modules TMR sont échangeables à chaud.
La façade magnétique peut être retirée afin d’accéder aux modules et de les remplacer. Deux types sont proposés, ASUS faisant notamment référence à des variantes de 50 gf et 120 gf, permettant d’obtenir une résistance différente. Des capuchons de sticks interchangeables, dont un modèle haut destiné à accroître la précision, complètent le dispositif.
C’est un excellent point pour la durabilité. Même si un module devait finir par présenter un problème, remplacer le stick complet est infiniment plus séduisant que condamner une manette entière.
8 000 Hz : une fréquence digne d’une souris gaming
La fiche technique devient encore plus spectaculaire lorsqu’on aborde la fréquence d’interrogation.
La ROG Raikiri II Pro PC atteint 8 000 Hz en USB, mais également en connexion RF 2,4 GHz. Théoriquement, la manette peut donc communiquer son état au PC jusqu’à 8 000 fois par seconde.
ASUS s’appuie ici sur sa technologie sans fil ROG SpeedNova, déjà employée sur plusieurs de ses périphériques gaming. Le constructeur revendique une latence extrêmement basse et va jusqu’à annoncer une réduction pouvant atteindre 4,6 fois face à certains concurrents, sur la base de ses propres mesures internes.
Il convient néanmoins de relativiser ce chiffre. Passer de 250 ou 1 000 Hz à 8 000 Hz est techniquement mesurable, mais la différence ressentie dépend énormément du jeu, de l’écran et du niveau du joueur.
Dans un RPG joué tranquillement à 60 images par seconde, l’intérêt sera quasiment imperceptible. Dans un FPS compétitif affiché à plusieurs centaines d’images par seconde sur un écran 240, 360 ou 500 Hz, chaque réduction de latence devient en revanche plus pertinente.
La vraie réussite réside peut-être ailleurs : ASUS propose les 8 000 Hz sans obliger à jouer avec un câble.

Le dock de recharge cache une excellente idée
La connexion 2,4 GHz nécessite naturellement un dongle. ASUS exploite cependant intelligemment le support de recharge fourni avec la manette.
Celui-ci peut servir de prolongateur pour le récepteur 2,4 GHz, rapprochant ainsi le dongle de la manette. L’objectif consiste à améliorer la stabilité de la liaison et à réduire les risques d’interférences lorsque le PC est placé sous un bureau ou relativement loin du joueur.
Ce genre de détail peut sembler anodin sur une fiche technique, mais participe réellement à l’expérience d’un périphérique premium.
Trois possibilités de connexion sont proposées : USB, RF 2,4 GHz et Bluetooth 5. Pour profiter des performances maximales, le 2,4 GHz ou l’USB restent évidemment à privilégier.
Des gâchettes qui changent réellement de personnalité
Les gâchettes constituent une autre excellente idée de la Raikiri II Pro PC.
Plutôt qu’un simple trigger stop réduisant mécaniquement la course, ASUS propose un véritable double fonctionnement. En course complète, les gâchettes utilisent des capteurs TMR analogiques. Elles deviennent alors particulièrement adaptées aux jeux de course, dans lesquels l’accélérateur et le frein doivent pouvoir être dosés progressivement.
En mode court, elles basculent sur des micro-switches et adoptent un comportement beaucoup plus proche d’un clic de souris.
Sur un FPS, cette seconde configuration prend tout son sens : il n’est plus nécessaire d’enfoncer progressivement la gâchette avant que le tir soit enregistré. L’activation devient quasiment instantanée.
C’est précisément le genre de fonction que l’on attend d’une véritable manette « Pro » : pas simplement une option spectaculaire sur le papier, mais une commande dont le comportement peut être adapté au type de jeu.
Six commandes supplémentaires pour ne plus lâcher les sticks
La face arrière accueille quatre boutons amovibles et entièrement reconfigurables. Leur intérêt est désormais bien connu : attribuer saut, rechargement, esquive ou changement d’arme à ces commandes permet de conserver les pouces sur les joysticks.
ASUS ajoute encore deux bumpers supplémentaires, conçus notamment pour les joueurs adoptant une prise en griffe (claw grip).
Cela fait beaucoup de commandes et nécessitera nécessairement une période d’apprentissage. Les joueurs peu habitués aux manettes professionnelles risquent même de provoquer quelques activations involontaires au départ.
ASUS a heureusement prévu une solution radicale : les quatre boutons arrière peuvent être retirés et remplacés par des caches. Chacun peut ainsi progressivement complexifier sa configuration plutôt que d’être contraint d’utiliser l’intégralité des commandes.

Un panneau couleur réellement utile
La Raikiri II Pro PC intègre également un petit panneau couleur. La tentation aurait été grande d’en faire essentiellement un élément décoratif ; ASUS lui attribue heureusement une fonction beaucoup plus pratique.
Il permet d’accéder directement aux profils, au remappage des boutons, aux effets lumineux, à l’intensité des vibrations, à l’étalonnage ou encore aux réglages de luminosité. Jusqu’à cinq profils peuvent être utilisés.
Pouvoir modifier rapidement certains paramètres sans quitter son jeu ou ouvrir un logiciel sur Windows constitue un vrai confort.
L’éclairage RGB reste évidemment de la partie, ROG oblige, mais il demeure secondaire face à la quantité de réglages directement accessibles depuis la manette.
ASUS Gear Link remplace la traditionnelle usine à gaz
Pour les ajustements plus avancés, ASUS s’appuie sur Gear Link, disponible via le Web et sur mobile.
On y retrouve le remappage détaillé des commandes, les réglages de sensibilité des joysticks et des gâchettes, les vibrations ou encore différents paramètres d’alimentation. ASUS propose également un mode Turbo, capable de répéter automatiquement une commande lorsque le bouton correspondant reste enfoncé.
Cette fonction peut s’avérer pratique dans certains RPG, jeux de combat ou titres nécessitant des pressions répétées, même si son intérêt dépendra fortement du jeu utilisé.
La possibilité de configurer le contrôleur depuis un smartphone est particulièrement bienvenue : elle évite de dépendre systématiquement d’une application Windows supplémentaire.
Jusqu’à 79 heures d’autonomie, mais attention aux conditions
ASUS annonce une autonomie pouvant atteindre 79 heures, mais ce chiffre correspond au fonctionnement à 1 000 Hz avec panneau, vibrations et RGB désactivés.
À 8 000 Hz, dans les mêmes conditions, ASUS annonce 63 heures. En activant simultanément le panneau, les vibrations et l’éclairage RGB, l’autonomie officielle tombe à 22 heures à 8 000 Hz, ou 24 heures à 1 000 Hz.
Ces différences sont importantes et illustrent parfaitement le coût énergétique des fonctions embarquées.
Même 22 heures restent toutefois confortables pour une utilisation intensive, d’autant que le support de recharge incite naturellement à reposer la manette dessus après une session.
Un bundle particulièrement généreux
ASUS ne lésine pas non plus sur les accessoires. La boîte comprend le contrôleur, le dongle sans fil, le câble USB, le support de recharge, un étui de transport, deux modules de joystick TMR, plusieurs capuchons interchangeables, quatre caches pour les commandes arrière et un outil permettant de retirer les sticks.
Ce bundle contribue fortement à donner une véritable cohérence au positionnement premium.
L’étui est particulièrement appréciable pour les joueurs transportant régulièrement leur matériel, tandis que le dock évite de laisser traîner la manette reliée à un câble lorsqu’elle n’est pas utilisée.
Une manette PC avant tout
Un point mérite cependant d’être souligné : malgré son ergonomie directement inspirée de l’univers Xbox et sa proximité avec la ROG Xbox Ally, cette version est bien la ROG Raikiri II Pro PC.
ASUS indique officiellement une compatibilité avec Windows 10 et Windows 11, avec connexion USB, Bluetooth et RF 2,4 GHz. La gamme comprend séparément une ROG Raikiri II Xbox Wireless, compatible avec les consoles Xbox.
La distinction est importante au moment de l’achat, surtout pour quelqu’un recherchant un contrôleur capable de passer indifféremment du PC à la console.
À l’usage : la technologie s’efface derrière la réactivité
Ce qui rend finalement la Raikiri II Pro PC intéressante n’est pas l’accumulation des chiffres mais la cohérence entre ses différentes technologies.
Les micro-switches donnent aux commandes principales une sensation particulièrement directe, les sticks TMR répondent au problème de longévité qui touche encore de nombreuses manettes, tandis que les gâchettes à double mode permettent réellement de passer d’une configuration adaptée aux FPS à une autre beaucoup plus pertinente pour la course.
Le polling rate de 8 000 Hz constitue davantage la cerise sur le gâteau. C’est évidemment le chiffre qu’ASUS mettra en avant auprès des joueurs compétitifs, mais les sticks interchangeables, les gâchettes TMR et les nombreuses commandes programmables auront probablement un impact beaucoup plus tangible au quotidien.
Verdict : une véritable manette Pro, pas simplement une Raikiri bardée de RGB
Avec la ROG Raikiri II Pro PC, ASUS rassemble pratiquement tout ce que l’on peut attendre d’un contrôleur PC haut de gamme en 2026. Les sticks TMR échangeables à chaud constituent son argument le plus convaincant, parce qu’ils associent précision, personnalisation et meilleure réparabilité. Les gâchettes capables de passer d’un fonctionnement analogique à un micro-switch sont tout aussi pertinentes, tandis que les quatre boutons arrière, les deux bumpers supplémentaires et les cinq profils permettent d’adapter profondément les commandes.
Le polling rate de 8 000 Hz en filaire et en 2,4 GHz lui confère parallèlement une fiche technique spectaculaire et une vraie orientation compétitive. L’autonomie reste solide, le dock est intelligemment exploité et le bundle s’avère inhabituellement complet.
Tout n’est pas parfait. Avec la totalité de ses fonctions activées, l’autonomie chute sensiblement, l’abondance de commandes demandera un temps d’adaptation et cette déclinaison vise spécifiquement le PC. Surtout, l’intérêt pratique des 8 000 Hz restera limité pour les joueurs qui ne recherchent pas la latence minimale absolue.
Mais ASUS ne se contente pas ici de poursuivre la course aux chiffres. La ROG Raikiri II Pro PC est surtout convaincante parce que ses innovations servent réellement sa polyvalence : précise pour les FPS, progressive pour les jeux de course et suffisamment configurable pour s’adapter aux RPG, jeux d’action ou titres compétitifs.
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