Dans « En l’absence de corps », Anne Plantagenet nous plonge jour par jour dans le procès hypermédiatisé de Cédric Jubillar qui s’est tenu devant la Cour d’Assises du Tarn durant quatre semaines à partir du 22 septembre 2025. L’homme comparaissait pour un féminicide en l’absence de corps. A l’époque en effet le corps de Delphine Aussaguel (la romancière choisit de nommer la victime par son nom de jeune fille plutôt que de la réduire au nom de son mari) n’avait pas encore été retrouvé, Cédric Jubillar étant passé aux aveux le 6 juillet 2026.

Disons-le d’emblée : l’ouvrage est passionnant. On y trouve consigné jour par jour les débats et témoignages de la journée. On suit ainsi les auditions des gendarmes et enquêteurs ou encore des experts chargés d’examiner la personnalité de la victime et de l’accusé. Mais aussi celles d’experts en psychiatre, en médecine légale, en informatique ou en empreintes génétiques. Défilent également à la barre de nombreux membres de la famille du couple, des collègues de Delphine, un ancien employeur de l’accusé, des proches, des voisins, des institutrices et nounous des enfants du couple, des amis ou d’anciens copains de Cédric Jubillar et bien d’autres personnes encore. On assiste aux questions de la Présidente, du Parquet, des avocats de la défense et des parties civiles. L’ouvrage se termine sur les plaidoiries et les réquisitoire de l’avocat général.
Une expérience intime
Ni journaliste ni chroniqueuse judiciaire (même si elle a rendu compte du procès dans « Vanity Fair »), la romancière prévient d’emblée qu’il s’agit « d’une reconstruction littéraire, donc totalement personnelle » de ce qu’elle a vu et entendu.
Tout au long des pages, elle s’attache à redonner une présence et une histoire à Delphine Aussaguel, plutôt qu’à faire de l’accusé le seul centre du récit.
Dans cet ouvrage exempt de tout sensasionnalisme, Anne Plantagenet livre une réflexion sur le langage, la justice, la médiatisation et les violences faites aux femmes.
s2pmag Multimedia Lifestyle