Avec sa station autonome sur batterie et son aspiration puissante, le Dreame C1 Station promet un nettoyage efficace sans contrainte électrique. Mais est-il vraiment adapté à un usage domestique régulier ? Réponse après test.
Longtemps cantonné aux aspirateurs robots, le nettoyage automatisé s’attaque désormais à l’un des derniers bastions du ménage domestique : les vitres. Avec le Dreame C1 Station, le fabricant chinois bien connu pour ses équipements connectés ambitionne de transformer une corvée récurrente en tâche semi-automatique. Affiché à CHF 549.-, pesant près de 6 kilogrammes et accompagné d’une station autonome sur batterie, ce robot laveur de vitres intrigue autant qu’il suscite des attentes élevées. Mais au-delà du discours marketing, qu’en est-il réellement à l’usage ?
Habitué à l’entretien manuel classique – raclette, produit et huile de coude – l’idée de confier cette mission à une machine méritait un test approfondi.
Un appareil imposant, pensé comme un outil plus que comme un gadget
Dès le déballage, le Dreame C1 Station annonce la couleur. Livré dans une valise rigide de près de 6 kg, l’appareil ne joue clairement pas la carte de la discrétion. Contrairement aux aspirateurs robots que l’on oublie sous un meuble, ce robot exige une logistique assumée : sortie du placard, préparation, déplacement jusqu’à chaque surface vitrée.
La station, visuellement proche d’une grosse glacière beige, intègre une batterie de 7 800 mAh promettant jusqu’à trois heures d’autonomie. Une caractéristique déterminante qui élimine l’une des principales contraintes des anciens modèles filaires : la recherche fastidieuse d’une prise électrique ou l’usage de rallonges interminables.
Le robot lui-même affiche un format carré de 26 cm de côté, loin d’être anodin. Ce gabarit généreux n’est pas un hasard : il permet une meilleure répartition du poids, une surface de contact accrue et donc une adhérence optimale sur les grandes baies vitrées. En contrepartie, les petites fenêtres – salle de bain ou vasistas – sont tout simplement incompatibles.
Les finitions sont sérieuses sans être luxueuses. Les plastiques inspirent confiance, et l’assemblage témoigne du savoir-faire acquis par Dreame dans le domaine des robots domestiques. Mention spéciale au système d’enroulement automatique du câble de sécurité : une simple pression suffit pour ranger les 5,5 mètres de câble, un détail pratique qui distingue clairement la version Station du modèle standard.

Ergonomie et conception : fonctionnel avant tout
Le réservoir de 80 ml, accessible par le dessus, peut sembler modeste, mais il s’avère suffisant pour environ une heure de nettoyage continu. Les accessoires – brosses de rechange, chiffons microfibres, câble de sécurité – trouvent naturellement leur place dans un compartiment dédié à l’arrière de la station.
Seul véritable reproche ergonomique : la poignée de transport. Avec 6 kg à déplacer d’étage en étage, le poids se fait rapidement sentir. Cela reste toutefois cohérent avec la vocation de l’appareil, destiné avant tout aux logements dotés de grandes surfaces vitrées.
Côté esthétique, Dreame fait le choix de la sobriété. Le coloris crème s’intègre facilement dans un intérieur contemporain et évite l’effet “gadget high-tech” parfois criard. Les commandes physiques se limitent à l’essentiel : mise en marche, indicateurs de statut et gestion du câble.

Installation et prise en main : simple, mais exigeante
La mise en service débute par l’application Dreame Home, indispensable pour piloter l’appareil. L’appairage s’effectue rapidement et sans difficulté majeure. Une fois connecté, le robot nécessite une préparation méthodique : remplissage du réservoir, fixation soigneuse du chiffon microfibre et nettoyage préalable des brosses CornerClean, particulièrement sensibles à l’encrassement.
La station doit être posée sur une surface parfaitement plane. Son système de ventouse se fixe avec une efficacité redoutable, au point qu’il est impératif de l’éteindre avant tout déplacement sous peine de forcer inutilement.
Le démarrage impressionne : l’aspiration de 5 500 Pa plaque instantanément le robot contre la vitre. Une fois lancé, il procède à une phase de cartographie de la surface, durant une trentaine de secondes, avant d’entamer le nettoyage selon une trajectoire optimisée.
Contrairement à un aspirateur robot entièrement autonome, le Dreame C1 Station exige la présence de l’utilisateur : déplacement de la station, surveillance, repositionnement sur chaque vitre. Une contrainte à intégrer dès le départ.
Performances de nettoyage : convaincantes sur l’entretien régulier
Sur une baie vitrée de grande dimension, le résultat se révèle particulièrement satisfaisant. Traces de doigts, poussières et projections disparaissent efficacement, avec un rendu très proche d’un nettoyage manuel soigné. Les brosses CornerClean améliorent nettement le traitement des angles, souvent négligés par les robots circulaires.
Sur une vitre standard, le cycle complet en mode approfondi dure environ trois minutes. Certes plus lent qu’un nettoyage manuel, mais sans effort physique. La planification des trajectoires – en Z ou en N selon la forme – assure une couverture homogène, sans passages inutiles.
L’adhérence se montre irréprochable, y compris sur miroirs ou surfaces légèrement irrégulières. Aucun décrochage n’a été observé lors des tests. Le système de pulvérisation adapte intelligemment la fréquence d’humidification selon l’environnement, améliorant l’efficacité globale.
En revanche, sur des vitres très encrassées, le robot atteint ses limites. Deux passages peuvent être nécessaires, là où un nettoyage manuel reste plus rapide. Le Dreame C1 Station excelle avant tout dans l’entretien régulier, non dans le rattrapage de situations extrêmes.
Intelligence artificielle : utile, mais sans révolution
L’IA embarquée se concentre essentiellement sur la navigation intelligente, la gestion de l’aspiration et la sécurité. La détection des obstacles fonctionne correctement sur les éléments proéminents, mais reste perfectible face aux croisillons fins.
Contrairement aux promesses marketing, l’appareil n’adapte pas réellement sa stratégie selon le type de salissure. L’apprentissage automatique demeure limité, sans amélioration notable des performances au fil des utilisations. En revanche, la gestion énergétique adaptative est efficace et contribue à préserver l’autonomie.
Application Dreame Home : correcte, sans éclat
L’application se montre claire et fonctionnelle, sans fioritures. Elle permet de sélectionner les modes de nettoyage, suivre l’état de la batterie et consulter l’historique des sessions. Les notifications sont pertinentes et non intrusives. La programmation horaire existe, mais reste peu exploitable, le robot nécessitant une installation manuelle sur chaque vitre.
Prix et positionnement : un produit de niche assumé
À CHF 549.-, le Dreame C1 Station se positionne clairement sur le segment premium. Un tarif élevé, mais cohérent face à une concurrence limitée, notamment les modèles Ecovacs Winbot, souvent filaires ou affichés à des prix comparables avec station.
Ce robot ne transformera pas votre quotidien comme un aspirateur autonome, mais il répond à un besoin spécifique. Son intérêt devient évident pour les propriétaires de grandes baies vitrées, vérandas ou surfaces difficiles d’accès. Pour un usage occasionnel ou quelques fenêtres classiques, l’investissement perd en pertinence.
Verdict : un outil spécialisé, efficace mais exigeant
Le Dreame C1 Station tient globalement ses promesses sur l’entretien des surfaces vitrées. Son autonomie, son adhérence et son absence de contrainte électrique constituent de véritables atouts. En contrepartie, son encombrement, son poids et la nécessité d’une intervention humaine limitent son universalité.
👉 À recommander aux utilisateurs fortement équipés en surfaces vitrées et désireux de déléguer une tâche chronophage.
👉 À éviter pour les usages ponctuels ou les petits logements.
Un robot efficace, mais réservé à ceux pour qui le nettoyage des vitres est une véritable corvée récurrente.
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