Plus séduisant, plus efficient et plus moderne que le bZ4X, le Toyota C-HR+ mise sur une autonomie généreuse, une recharge mieux maîtrisée et un design de SUV coupé.
Après une première tentative en demi-teinte sur le marché des SUV électriques avec le Toyota bZ4X, le constructeur japonais revient avec une proposition bien plus ambitieuse. Baptisé Toyota C-HR+, ce nouveau modèle entend corriger les faiblesses de son prédécesseur en misant sur une plateforme optimisée, une autonomie en nette hausse, une recharge plus performante et un style inspiré du très populaire C-HR. Affiché à un tarif de départ inférieur à CHF 33000, ce SUV coupé électrique ambitionne de séduire une clientèle à la recherche d’un véhicule moderne, polyvalent et agréable à conduire.
Fort de son immense succès dans le domaine des motorisations hybrides, Toyota accélère désormais sa transition vers le véhicule 100 % électrique. Le Toyota C-HR+ marque ainsi une étape importante dans cette stratégie et vient enrichir une gamme qui devrait prochainement accueillir d’autres modèles, à commencer par le très attendu Urban Cruiser électrique.

Un design inspiré du Toyota C-HR, mais une identité propre
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, le Toyota C-HR+ n’est pas simplement la déclinaison électrique du C-HR hybride. Il repose en réalité sur une version revisitée de la plateforme e-TNGA, déjà utilisée par le bZ4X, mais largement optimisée pour améliorer les performances routières et l’efficience énergétique.
Visuellement, Toyota reprend les principaux codes stylistiques du C-HR de deuxième génération, lancé en 2023. Le résultat est un SUV coupé aux lignes dynamiques, mais volontairement plus consensuelles afin de séduire un public plus large.
Avec 4,52 mètres de longueur, soit 16 centimètres de plus que le C-HR classique, le nouveau venu s’attaque directement à des références du segment C comme le Peugeot e-3008, le Renault Scénic E-Tech électrique ou encore le Škoda Elroq.
Toyota affirme avoir particulièrement travaillé les réglages du châssis afin d’offrir un comportement routier plus dynamique tout en conservant le confort et la sérénité qui font la réputation de la marque.

Deux batteries et jusqu’à 609 kilomètres d’autonomie
Le Toyota C-HR+ est proposé avec deux batteries lithium-ion NMC ainsi que trois niveaux de puissance afin de répondre à différents profils d’utilisateurs.
La version d’entrée de gamme reçoit une batterie de 57,7 kWh (54 kWh utiles) fonctionnant sous 288 volts. Elle est associée à un moteur électrique de 167 chevaux entraînant les roues avant et promet jusqu’à 456 kilomètres d’autonomie selon le cycle WLTP.
Les versions supérieures embarquent une batterie de 77 kWh (72 kWh utiles) reposant sur une architecture électrique de 385 volts.
Deux configurations sont alors disponibles :
- une version à traction développant 224 chevaux, avec une autonomie comprise entre 563 et 609 kilomètres selon les jantes choisies ;
- une déclinaison à transmission intégrale AWD délivrant 343 chevaux, capable de parcourir entre 505 et 546 kilomètres avec une seule charge, qui représentait notre véhicule de test.
Cette nouvelle offre place le Toyota C-HR+ parmi les SUV électriques les plus compétitifs de sa catégorie en matière d’autonomie.

Une recharge plus efficace grâce au préconditionnement intelligent
Toyota améliore également la partie recharge.
La puissance maximale en courant continu reste fixée à 150 kW, une valeur cohérente avec l’architecture électrique retenue. La véritable nouveauté provient surtout du système de préconditionnement de la batterie, désormais disponible sur le C-HR+.
Celui-ci peut être activé manuellement, programmé à l’avance ou déclenché automatiquement lorsque la navigation embarquée détecte un arrêt sur une borne de recharge rapide.
L’intérêt est particulièrement évident durant l’hiver. Toyota annonce qu’il est possible de récupérer 10 à 80 % de batterie en seulement 30 minutes par -10 °C, soit environ vingt minutes de moins qu’en l’absence de préconditionnement.
À une température extérieure d’environ 30 °C, le même exercice demande seulement 26 minutes.
Concernant la recharge en courant alternatif, les finitions supérieures bénéficient d’un chargeur embarqué de 22 kW, contre 11 kW sur la version d’accès, un avantage appréciable pour les utilisateurs rechargeant régulièrement sur les bornes publiques ou au travail.

Notre essai du Toyota C-HR+ : un SUV électrique plus convaincant
Au volant, la version 224 chevaux apparaît comme le meilleur compromis entre performances, autonomie et prix.
Les accélérations sont franches grâce au couple disponible immédiatement, même si le C-HR+ ne cherche jamais à afficher un tempérament véritablement sportif.
Le 0 à 100 km/h est réalisé en 7,3 secondes, une valeur parfaitement adaptée à un SUV familial de ce gabarit.
Pour les conducteurs recherchant davantage de sensations, la version 343 chevaux à transmission intégrale offre des reprises nettement plus musclées grâce au moteur supplémentaire installé sur le train arrière.
Toyota propose également plusieurs niveaux de récupération d’énergie sélectionnables via des palettes situées derrière le volant.
Le système se montre agréable à utiliser et permet de moduler le frein moteur selon les conditions de circulation. En revanche, même au niveau maximal, la régénération reste relativement modérée et ne permet pas de conduire uniquement avec la pédale d’accélérateur.
L’absence d’un véritable mode One Pedal constitue d’ailleurs l’un des rares regrets, notamment en usage urbain.
En revanche, la transition entre le freinage régénératif et le freinage mécanique est parfaitement calibrée, garantissant une excellente progressivité.

Un comportement routier plus dynamique
Toyota poursuit les efforts engagés depuis plusieurs années pour rendre ses modèles plus agréables à conduire. Le C-HR+ bénéficie d’un centre de gravité abaissé, d’une caisse renforcée ainsi que d’un train avant offrant davantage de précision. Le résultat est convaincant.
Le SUV électrique conserve toute la stabilité propre aux modèles Toyota tout en proposant une direction plus incisive et une meilleure agilité que le bZ4X.
Les suspensions apparaissent légèrement fermes à basse vitesse, notamment avec les jantes de 20 pouces de notre modèle d’essai. En revanche, elles se montrent particulièrement efficaces sur route dégradée comme lors des enchaînements rapides.
Malgré un poids proche de deux tonnes, les mouvements de caisse restent parfaitement contenus.
Côté consommation, notre premier essai a permis de relever 14,7 kWh/100 km sur un parcours mêlant circulation urbaine, routes secondaires, routes et montagne et voies rapides.

Un intérieur moderne, ergonomique et confortable
L’habitacle reprend une grande partie des éléments inaugurés sur le Toyota bZ4X restylé. Le conducteur retrouve un poste de conduite bien pensé, avec une instrumentation numérique parfaitement visible au-dessus du volant et une ergonomie immédiatement familière.Le grand écran tactile de 14 pouces offre une excellente lisibilité et centralise la majorité des fonctions du véhicule.
Toyota conserve toutefois plusieurs commandes physiques, notamment pour la climatisation, un choix qui améliore nettement le confort d’utilisation au quotidien.
Autre nouveauté particulièrement appréciable : un raccourci permet désormais de désactiver très rapidement l’alerte sonore de dépassement des limitations de vitesse.
La qualité de fabrication demeure fidèle aux standards du constructeur japonais.
Les assemblages sont irréprochables et plusieurs matériaux affichent une finition valorisante. Quelques plastiques plus rigides présents autour de la console centrale apparaissent néanmoins moins flatteurs au regard du positionnement tarifaire du véhicule.

Une habitabilité correcte, mais un coffre perfectible
Grâce à un empattement supérieur à celui du C-HR hybride, le Toyota C-HR+ offre davantage d’espace aux places arrière. Les passagers bénéficient d’un bon dégagement pour les jambes, même si la ligne de toit plongeante limite légèrement la garde au toit pour les personnes mesurant plus de 1,85 mètre. Le principal point faible concerne le coffre.
Avec 416 litres, il progresse par rapport au C-HR hybride, mais reste nettement en retrait face à plusieurs concurrents directs, comme le Peugeot e-3008, qui revendique 520 litres de capacité.
Notre avis sur le Toyota C-HR+
Avec le Toyota C-HR+, le constructeur japonais semble avoir retenu les enseignements du lancement du bZ4X. Plus séduisant, plus efficient, mieux équipé et surtout beaucoup plus convaincant en matière d’autonomie et de recharge, ce nouveau SUV électrique possède de solides arguments pour s’imposer sur un segment particulièrement concurrentiel.
Son comportement routier équilibré, son excellente sobriété énergétique, son ergonomie réussie et son système intelligent de préconditionnement de la batterie constituent de véritables atouts. On pourra en revanche lui reprocher un coffre un peu juste et quelques matériaux intérieurs moins valorisants que ce que l’on est en droit d’attendre dans cette gamme de prix.
Malgré ces réserves, le Toyota C-HR+ s’annonce comme l’un des SUV électriques les plus intéressants de la marque et pourrait permettre à Toyota de réussir son véritable décollage sur le marché des véhicules électriques.
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