Googlebook : voici les nouveaux PC sous Android qui veulent concurrencer Windows

Google ouvre un nouveau chapitre de son histoire sur PC avec Googlebook, une famille d’ordinateurs portables construite autour d’Android et de Gemini. Avec Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo, la firme de Mountain View entend proposer une véritable alternative aux machines Windows et aux Mac, tout en rapprochant plus que jamais smartphone et ordinateur.

Google veut rebattre les cartes sur le marché du PC portable. Plus de quinze ans après l’apparition du Chromebook, le géant de Mountain View ouvre un nouveau chapitre avec Googlebook, une catégorie d’ordinateurs entièrement pensée autour de Gemini et d’une convergence beaucoup plus poussée entre Android et l’univers du PC.

L’ambition est considérable. Google ne souhaite plus seulement proposer une alternative légère aux machines Windows, mais bâtir un véritable écosystème informatique dans lequel smartphone et ordinateur fonctionneraient presque comme les deux prolongements d’un même appareil.

Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo constituent la première vague de partenaires. Les Googlebooks sont proposés en précommande depuis le 21 septembre 2026 et arriveront en magasin le 4 octobre aux États-Unis, puis le 5 octobre notamment en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Les tarifs débuteront à 899 dollars outre-Atlantique et 1 099 euros en France.

Mais qu’est-ce exactement qu’un Googlebook ?

Le Googlebook constitue une nouvelle catégorie de PC portables définie par Google. Contrairement aux Chromebooks traditionnels fonctionnant sous ChromeOS, ces machines reposent sur une pile technologique issue d’Android à laquelle Google a greffé les fondations bureautiques et certaines forces historiques de ChromeOS.

La philosophie change donc profondément. Android ne constitue plus une couche applicative ajoutée à un système d’exploitation pour ordinateur : il devient l’une des fondations mêmes de l’expérience informatique.

Google positionne parallèlement ses nouvelles machines un cran au-dessus du Chromebook classique. Matériaux plus valorisants, performances accrues, intégration beaucoup plus étroite avec les smartphones Android et intelligence artificielle omniprésente doivent permettre au Googlebook de s’attaquer frontalement aux PC Windows et aux Mac.

Le Chromebook ne disparaît cependant pas pour autant. Google distingue clairement les deux familles : les Chromebooks continueront de proposer la simplicité et la rapidité caractéristiques de ChromeOS, tandis que Googlebook occupera un segment plus ambitieux, centré sur Android, Gemini et la continuité entre appareils.

Des PC premium plutôt que des Chromebooks bon marché

Cette nouvelle orientation se retrouve immédiatement dans le matériel. Les premiers Googlebooks sont conçus par Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo et adoptent une approche sensiblement plus haut de gamme que celle historiquement associée à de nombreux Chromebooks.

Le XPS Googlebook de Dell illustre parfaitement cette montée en gamme. Son châssis en aluminium usiné accueille un écran tactile InfinityEdge 2,5K de 13 pouces et un Snapdragon X Elite, le tout pour un poids d’environ un kilogramme. Dell annonce par ailleurs jusqu’à 16 heures d’autonomie en streaming vidéo.

Asus suit une philosophie comparable avec son Googlebook 14. Son châssis en alliage de magnésium et d’aluminium peut descendre à 10,99 mm d’épaisseur et 990 grammes, avec des configurations allant jusqu’au processeur Intel Core Ultra 7 355.

Google impose également un socle matériel suffisamment robuste pour accompagner Gemini et les nouveaux usages de l’intelligence artificielle. Les premières machines proposent notamment au minimum 16 Go de mémoire vive, un choix qui confirme leur positionnement davantage premium que réellement économique.

Android et le PC ne font pratiquement plus qu’un

La véritable rupture se trouve néanmoins dans le logiciel. Googlebook OS cherche à effacer autant que possible la frontière entre smartphone et ordinateur.

Une fois connecté avec son compte Google, l’utilisateur retrouve une expérience conçue pour fonctionner immédiatement avec son téléphone Android. Applications mobiles, fichiers et tâches en cours peuvent circuler beaucoup plus naturellement d’un appareil à l’autre.

Google permet notamment d’interagir avec les applications du smartphone directement depuis l’ordinateur, de partager rapidement des fichiers ou encore de reprendre une activité commencée sur le téléphone. L’objectif rappelle évidemment la continuité proposée depuis longtemps entre iPhone et Mac, mais adaptée à l’immense écosystème Android.

Le Googlebook ne dépend toutefois pas d’un smartphone pour fonctionner. Les applications Android peuvent être exécutées nativement et Google annonce également des logiciels particulièrement ambitieux pour une plateforme dérivée d’Android, parmi lesquels Adobe Photoshop, Lightroom et CapCut. Microsoft 365 permet parallèlement de travailler avec des fichiers Word, Excel et PowerPoint.

Les développeurs ne sont pas oubliés. Googlebook dispose d’un environnement Linux isolé donnant accès à un terminal complet. Des outils comme Claude Code ou Antigravity CLI peuvent ainsi fonctionner directement sur la machine.

Gemini devient l’un des piliers du système

Googlebook ne se contente évidemment pas de rapprocher Android du PC. Gemini constitue l’autre pierre angulaire de cette nouvelle plateforme.

Google présente d’ailleurs ses ordinateurs comme des machines « conçues pour Gemini Intelligence ». L’intelligence artificielle n’est plus envisagée comme une simple application indépendante, mais comme une composante profondément intégrée au fonctionnement du système.

L’objectif consiste à rendre l’IA disponible au moment où elle peut véritablement faciliter une tâche : retrouver un document, exploiter une information, rédiger du contenu ou poursuivre un travail commencé sur un autre appareil.

Cette approche pourrait constituer l’un des principaux éléments différenciateurs de Googlebook. Alors que Microsoft a placé Copilot au centre de sa stratégie Windows et qu’Apple développe progressivement Apple Intelligence sur macOS, Google dispose avec Gemini d’un outil capable de s’appuyer simultanément sur Android, ses services en ligne et son immense écosystème applicatif.

Une sécurité héritée de ChromeOS

La sécurité constitue également un élément central de l’architecture. Googlebook reprend plusieurs principes éprouvés avec ChromeOS et les associe à une racine matérielle de confiance Google Titan, à une protection multicouche et à une détection locale des logiciels malveillants.

Google met également en avant un hyperviseur pKVM certifié niveau 5, chargé d’isoler l’environnement Linux du reste du système. Les développeurs peuvent ainsi exécuter leurs outils et leurs agents logiciels dans un espace séparé.

Une stratégie qui montre que Google entend dépasser l’image d’un ordinateur principalement destiné à naviguer sur Internet. Avec Googlebook, la firme vise désormais clairement des usages professionnels et des développeurs susceptibles d’exiger un environnement beaucoup plus complet.

Dix ans de mises à jour et plusieurs abonnements inclus

Google cherche enfin à rassurer sur la pérennité de sa nouvelle plateforme. Googlebook OS bénéficiera de mises à jour et de Feature Drops pendant une période pouvant atteindre dix ans.

Chaque machine inclut également douze mois de Google AI Pro, avec un accès étendu aux outils Gemini et 5 To de stockage en ligne. Selon les marchés, différents avantages logiciels sont proposés, tandis qu’une année de GeForce NOW accompagne également les Googlebooks afin d’élargir leurs possibilités en matière de jeu vidéo.

Le cloud gaming représente d’ailleurs une solution particulièrement logique pour ces ordinateurs. Sans prétendre concurrencer matériellement un véritable PC gaming, ils peuvent accéder à des productions AAA par l’intermédiaire du service de Nvidia, tout en conservant l’accès à un vaste catalogue de jeux Android.

Google veut désormais son équivalent du Mac

Derrière Googlebook se dessine finalement une ambition beaucoup plus importante que le simple lancement d’une nouvelle famille d’ordinateurs.

Google possède déjà Android, Chrome, Gemini, Gmail, Drive, Photos, YouTube et une multitude de services utilisés quotidiennement par des milliards de personnes. Ce qui lui manquait encore était une plateforme informatique capable de réunir cet écosystème avec la même cohérence qu’Apple entre l’iPhone et le Mac.

Googlebook tente précisément de combler ce vide.

Sur le papier, les ingrédients apparaissent particulièrement séduisants : matériel premium, applications Android natives, outils Linux, intégration profonde du smartphone, Gemini omniprésent et dix années de suivi logiciel.

Reste désormais la question essentielle : Google réussira-t-il à convaincre les utilisateurs qu’Android peut constituer une véritable alternative à Windows et macOS sur un ordinateur principal ?

Car entre une démonstration parfaitement orchestrée et plusieurs années d’utilisation quotidienne, l’écart peut être considérable. Les premiers Googlebooks semblent néanmoins disposer d’arguments autrement plus solides que ceux des premières générations de Chromebooks pour tenter de bouleverser un marché du PC portable historiquement dominé par Microsoft et Apple.

Une chose est certaine : Google ne considère plus l’ordinateur comme une simple extension de son navigateur. Avec Googlebook, Mountain View entend désormais en redéfinir les fondations autour d’Android et, surtout, de l’intelligence artificielle.

A propos Eric Rivera

Rédacteur en chef et journaliste RP, ma passion pour les jeux vidéo et la technologie ne faiblit pas depuis mon adolescence, qui me semble pourtant bien lointaine. Un recul cependant intéressant, puisqu'il me permet de jauger les nouveautés avec un regard plein d'expérience, couplé à une envie d'écrire de tous les jours.

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