BYD trouve son nouvel eldorado hors de Chine avec des exportations en plein boom

Le marché chinois ne suffit plus à alimenter la croissance de BYD. Le numéro un mondial de la voiture électrique accélère son internationalisation : près de 43 % de ses modèles électriques et hybrides rechargeables ont été écoulés hors de Chine depuis le début de 2026.

Alors que le marché automobile chinois traverse une zone de fortes turbulences, BYD trouve désormais une part croissante de son salut au-delà de ses frontières. Confronté à une nette contraction de ses immatriculations sur son territoire domestique, le géant de Shenzhen accélère son expansion internationale à un rythme impressionnant : depuis le début de 2026, près de 43 % de ses ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables ont été réalisées hors de Chine.

Longtemps considérée comme l’inépuisable moteur de croissance de l’industrie automobile mondiale, la Chine montre aujourd’hui des signes d’essoufflement particulièrement marqués. Entre le 1er janvier et le 27 septembre 2026, les ventes de voitures particulières ont reculé de 22 % sur un an, selon les données de la China Passenger Car Association (CPCA).

Plusieurs facteurs expliquent ce coup de frein. La diminution des aides accordées à l’achat de véhicules électriques à la fin de 2025 a pesé sur la demande, tandis que la guerre commerciale que se livrent les constructeurs locaux continue de s’intensifier. Le marché chinois compterait encore près de 130 marques automobiles, dont une multitude de spécialistes de l’électrique, engagées dans une bataille des prix devenue particulièrement féroce.

BYD, pourtant devenu l’un des symboles de l’ascension industrielle chinoise, n’échappe pas à cette pression. Le constructeur a repris à Tesla le titre de premier vendeur mondial de voitures 100 % électriques au deuxième trimestre 2026, après l’avoir temporairement abandonné au premier trimestre. Cette domination internationale contraste toutefois avec une situation beaucoup moins favorable à domicile.

Au premier semestre 2026, les immatriculations de la marque BYD en Chine ont ainsi plongé de 45,9 % par rapport à la même période de 2025. Une dégradation spectaculaire que le groupe tente désormais de compenser par une stratégie d’expansion internationale particulièrement offensive.

Les exportations de BYD explosent en 2026

Cette internationalisation porte manifestement ses fruits. Selon les calculs de Reuters réalisés à partir des chiffres communiqués par BYD début octobre, les ventes de voitures et de pick-up du constructeur hors de Chine ont bondi de 153,9 % sur un an en septembre 2026. En incluant les véhicules utilitaires, elles ont atteint 179 877 exemplaires sur le seul mois.

La tendance est encore plus révélatrice lorsqu’on observe les neuf premiers mois de l’année. Entre janvier et septembre 2026, BYD a écoulé 1 337 831 voitures électriques et hybrides rechargeables hors de son marché domestique, sur un volume mondial de 3 131 576 unités.

Autrement dit, 42,7 % des véhicules électrifiés commercialisés par BYD depuis le début de l’année ont trouvé preneur à l’étranger. Une proportion considérable qui illustre à quel point l’international est devenu indispensable au développement du groupe chinois.

En seulement douze mois, le poids des exportations dans les résultats de BYD a ainsi plus que doublé. En septembre 2026, les ventes réalisées hors de Chine représentaient environ 39 % du volume mondial du constructeur, contre seulement 18 % un an auparavant. Cette proportion avait même atteint 43 % en août.

Plus spectaculaire encore, BYD a déjà exporté davantage de véhicules durant les neuf premiers mois de 2026 que pendant l’intégralité de l’année 2025, au cours de laquelle le constructeur avait expédié environ 1,05 million d’unités à l’étranger.

L’international devient indispensable à la croissance de BYD

Cette réussite à l’export masque néanmoins une situation globale plus contrastée. Sur les neuf premiers mois de 2026, les ventes mondiales de BYD demeurent inférieures d’environ 4 % à celles enregistrées pendant la même période de 2025.

Le constructeur avait initialement pour ambition d’exporter environ 1,5 million de voitures électriques et hybrides rechargeables cette année. Porté par ses performances internationales, il a ensuite relevé cet objectif à environ 1,9 à 2 millions d’unités.

Avec près de 1,34 million de véhicules déjà expédiés hors de Chine à la fin septembre, BYD doit encore vendre entre 560 000 et 660 000 voitures sur les marchés internationaux d’ici la fin décembre pour atteindre cette nouvelle cible. Cela représente un rythme mensuel compris entre environ 190 000 et 220 000 véhicules, soit un niveau proche, voire supérieur, au record établi en août avec 189 466 unités exportées.

L’enjeu est d’autant plus crucial que les marchés internationaux constituent désormais le principal levier de croissance du constructeur. En septembre, les ventes mondiales de BYD ont progressé de 17 % sur un an pour atteindre 463 561 véhicules, après une hausse de 17,8 % enregistrée en août.

Malgré cette dynamique, le groupe reste encore éloigné de son ambition annuelle. Avec environ 3,13 millions de véhicules commercialisés au cours des neuf premiers mois de 2026, BYD devra fortement accélérer durant le dernier trimestre s’il souhaite se rapprocher de son objectif compris entre 5 et 5,5 millions d’unités.

BYD souffre en Chine face à une concurrence toujours plus agressive

Le contraste avec son marché domestique est saisissant. En septembre, les ventes de BYD en Chine ont encore reculé de 13 % sur un an, pour tomber à 282 861 véhicules.

Le constructeur doit notamment composer avec la montée en puissance de groupes tels que Geely, dont les avancées technologiques alimentent une compétition toujours plus intense. Le 23 septembre, son rival chinois a notamment présenté une infrastructure de recharge capable d’atteindre, selon le constructeur, une puissance maximale de 2,25 MW.

Cette performance théorique dépasse les 1,5 MW annoncés pour la technologie Flash Charging développée par BYD. Dans les conditions réelles, les niveaux de puissance peuvent néanmoins être sensiblement différents : une Lynk & Co 10 testée avec cette technologie a par exemple atteint un maximum de 1 093 kW.

Dans cet environnement domestique saturé, l’expansion internationale n’apparaît donc plus comme une simple opportunité commerciale pour BYD, mais comme l’un des piliers de sa stratégie de croissance.

L’Europe devient un marché stratégique pour BYD

Cette mutation se retrouve également dans les comptes du constructeur. Pour la première fois, BYD réalise désormais 53 % de son chiffre d’affaires en dehors de Chine, confirmant le basculement progressif de son centre de gravité économique vers les marchés internationaux.

L’Europe occupe une place centrale dans cette offensive. Plutôt que de se contenter d’y exporter ses véhicules depuis la Chine, BYD entend progressivement devenir un constructeur implanté industriellement sur le Vieux Continent.

Son usine hongroise, première unité européenne du groupe destinée à la production de voitures particulières, doit commencer ses opérations d’assemblage entre novembre et décembre 2026. Cette implantation permettra au constructeur de raccourcir sa chaîne logistique, de renforcer son ancrage européen et, surtout, de limiter son exposition aux droits de douane imposés aux véhicules électriques fabriqués en Chine et importés dans l’Union européenne.

BYD ne mise d’ailleurs pas exclusivement sur le 100 % électrique pour conquérir le marché européen. Le constructeur développe parallèlement son offre de modèles hybrides rechargeables, une technologie susceptible de séduire les automobilistes encore réticents à passer directement à une motorisation entièrement électrique.

Cette stratégie n’est toutefois pas exempte de controverses. Plusieurs études ont souligné l’écart parfois considérable entre les émissions homologuées des hybrides rechargeables et celles constatées dans des conditions réelles d’utilisation, particulièrement lorsque leur batterie n’est pas régulièrement rechargée.

Pour BYD, l’équation apparaît néanmoins de plus en plus claire : face au ralentissement de son marché historique et à une concurrence chinoise exacerbée, la croissance passera désormais largement par l’étranger. Avec près de 43 % de ses véhicules électriques et hybrides rechargeables vendus hors de Chine depuis janvier, le groupe est en train de transformer en profondeur son modèle économique. L’Europe, mais également plusieurs marchés émergents, devraient ainsi jouer un rôle déterminant dans la prochaine phase de son expansion mondiale.

A propos Eric Rivera

Rédacteur en chef et journaliste RP, ma passion pour les jeux vidéo et la technologie ne faiblit pas depuis mon adolescence, qui me semble pourtant bien lointaine. Un recul cependant intéressant, puisqu'il me permet de jauger les nouveautés avec un regard plein d'expérience, couplé à une envie d'écrire de tous les jours.

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