Le géant californien à la pomme croquée vient de franchir une nouvelle étape dans son ambition de révolutionner la santé connectée. Un récent dépôt de brevet, sobrement intitulé “méthode de prédiction pour le suivi d’exercices”, laisse entrevoir une technologie qui pourrait profondément transformer notre manière de nous entraîner.
Selon des informations révélées par TechRadar le 3 avril, cette innovation se distingue par son approche radicalement différente : elle repose sur l’exploitation d’images capturées en temps réel afin d’identifier les mouvements spécifiques effectués par l’utilisateur, et d’en déduire avec précision le type d’exercice réalisé ainsi que le nombre de répétitions.
Contrairement aux méthodes actuelles majoritairement basées sur des capteurs de mouvement comme les accéléromètres, Apple mise ici sur la puissance de l’analyse visuelle, un virage technologique qui promet une précision inégalée et une personnalisation accrue du suivi des performances physiques. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large du groupe, qui prévoit déjà une refonte majeure de son application Santé pour l’année 2025, avec un accent renforcé sur le bien-être numérique.
L’objectif ? Permettre à n’importe quel appareil équipé d’une caméra — qu’il s’agisse d’un iPhone, d’un iPad, d’un Mac ou même, à terme, d’une Apple Watch — de devenir un coach virtuel capable d’évaluer non seulement l’effort fourni, mais aussi la qualité du mouvement. Une idée qui n’est pas sans rappeler celle du Peloton Guide, mais que la firme de Cupertino entend manifestement pousser bien au-delà, en combinant intelligemment vision par ordinateur et intelligence artificielle.
Ce système novateur s’attaque à un problème majeur dans le domaine du fitness connecté : le suivi fiable, en temps réel, des postures et des mouvements du corps humain. Là où les accéléromètres détectent uniquement une variation de vitesse, le système imaginé par Apple serait capable de « comprendre » le geste dans sa globalité, de l’interpréter et, potentiellement, de fournir un retour immédiat sur son exécution. Une mauvaise posture lors d’un squat ou un dos mal aligné pendant un soulevé de terre pourraient ainsi être repérés et corrigés à la volée.
Dans une perspective plus large, cette avancée pourrait renforcer considérablement l’attractivité d’Apple Fitness+, le service de coaching sportif de la marque. Les utilisateurs pourraient ainsi bénéficier d’un accompagnement visuel interactif, avec un affichage en direct du nombre de répétitions effectuées, voire des conseils personnalisés sur leur posture.
Bien que le brevet ne fasse pas explicitement mention de toutes les fonctionnalités possibles, l’extension naturelle de cette technologie vers l’analyse biomécanique semble évidente. Cela permettrait à Apple de combler un manque notoire dans son écosystème : en dépit de leurs nombreuses capacités, les produits existants comme l’Apple Watch ou l’application Santé ne proposent pas, à ce jour, de décompte automatisé des répétitions pour les exercices de musculation.
Une lacune d’autant plus visible que des appareils plus abordables, à l’instar de l’Amazfit Active 2 — proposée à moins de 100 dollars — intègrent déjà ce type de fonctionnalités. En misant sur la captation d’images et le traitement visuel plutôt que sur de simples capteurs inertiels, Apple pourrait ainsi reprendre une longueur d’avance en matière de précision et d’intelligence embarquée.
Certaines composantes déjà présentes dans l’écosystème Apple, comme le LiDAR utilisé sur les modèles les plus récents d’iPhone et d’iPad, se prêteraient particulièrement bien à ce type d’application, renforçant encore la précision du suivi corporel. Cependant, le contexte d’utilisation pourrait poser quelques limites. Dans les salles de sport, le recours à la vidéo reste délicat d’un point de vue pratique et social, ce qui laisse entrevoir une orientation plus marquée vers un usage domestique.
Pour l’heure, cette technologie reste au stade conceptuel. Rien ne garantit une intégration imminente dans les produits du catalogue Apple. Le développement pourrait nécessiter encore un à deux ans, repoussant toute annonce officielle d’un appareil comme une Apple Watch Ultra 3 équipée d’une caméra dédiée à l’analyse des exercices.
À court terme, la marque travaille cependant sur d’autres évolutions notables. La prochaine génération d’Apple Watch devrait, selon certaines sources, bénéficier de nouveaux outils de surveillance de la tension artérielle, et l’année 2026 pourrait voir l’introduction d’une version remaniée de l’application Santé, intégrant une intelligence artificielle conversationnelle conçue pour simuler l’expertise d’un professionnel de santé.