Le paysage des simulations sportives se cantonne bien souvent au rectangle vert ou aux tableaux de bord financiers du mercato. Avec Copa City, le studio Triple Espresso tente un pari audacieux en déplaçant la caméra à l’extérieur de l’enceinte sportive. Ce titre se présente comme le tout premier jeu de gestion urbaine et de logistique entièrement dédié aux grands événements du football. Il est désormais temps de voir si cette proposition atypique parvient à transformer l’essai sur consoles, plateforme qui accueille pourtant rarement ce genre d’expérience historiquement pensée pour l’écosystème PC.
Cette avis se base sur la version PlayStation 5 ( PS5 Pro)
Une profondeur de gestion chirurgicale du quartier jusqu’aux vestiaires
Le point fort indéniable du titre réside dans sa capacité à proposer une véritable alternative aux productions footballistiques traditionnelles en offrant un niveau de gestion particulièrement impressionnant. L’expérience ne se limite pas à tracer des itinéraires dans les rues ou à sécuriser les axes principaux pour réguler les flux de foule. Le joueur doit étendre son contrôle sur les quartiers et des fans zones jusque dans l’enceinte même du stade. À l’intérieur des tribunes, il devient nécessaire de sectoriser précisément les placements pour séparer intelligemment les ultras, les familles et les supporters classiques afin de garantir la sécurité globale et le prix des billets. Cette rigueur logistique descend jusque sur la pelouse, où la configuration des zones de publicité dicte la rentabilité financière de l’événement, et s’immisce même dans les coulisses architecturales avec la préparation minutieuse des vestiaires pour accueillir dignement les deux clubs professionnels.


Une excellente ambiance au service des amateurs de stratégie
Cette avalanche de paramètres à gérer est heureusement portée par une ambiance générale très soignée qui retransmet avec fidélité l’effervescence des jours de grand match. L’intégration de licences officielles majeures, bien que pour l’heure le choix reste très limité, et de chants de supporters réalistes, ce qui renforce considérablement l’immersion. Pour les passionnés de stratégie et de jeux de type tycoon qui cherchent à renouveler leur horizon, la formule s’avère particulièrement agréable et gratifiante. Voir tout ce système s’enclencher sans accroc, des fan zones extérieures jusqu’au coup d’envoi sur le terrain, procure un plaisir de jeu bien réel et offre une alternative rafraîchissante qui captive sur la durée.
Une ergonomie à la manette qui exige une réelle adaptation
Le passage du clavier et de la souris à la manette DualSense ne s’est malheureusement pas fait sans heurts. La prise en main sur PlayStation 5 s’avère délicate et demande un temps d’adaptation non négligeable pour quiconque souhaite piloter efficacement ses équipes. La configuration des touches se révèle peu pratique au quotidien, rendant la navigation dans les nombreux sous-menus fastidieux, qu’il s’agisse de basculer de la gestion des quartiers à celle des tribunes. Face à l’urgence de certaines situations, comme un incident soudain à l’entrée des vestiaires ou un goulot d’étranglement dans une tribune de supporters, le manque de réactivité des commandes à la manette génère une frustration inévitable qui vient freiner le dynamisme des opérations.
Un bilan technique et visuel décevant sur console
Si la direction artistique globale tient la route et propose une vue aérienne de la ville plutôt convaincante, (on pense notamment à la carte du Brésil et à son fameux stade le Maracanã et à sa statue représentant le Christ Rédempteur), la réalisation purement technique sur PlayStation 5 déçoit profondément. Le titre souffre de nombreux soucis d’affichage qui viennent entacher l’immersion à plusieurs reprises. On note régulièrement des textures floues qui peinent à se charger lorsque l’on zoome sur les fan zones ou sur les détails du stade, ainsi que des textures totalement manquantes sur certains éléments du décor urbain. Graphiquement, le jeu n’est clairement pas au niveau des standards actuels de la console de Sony et donne l’impression d’un manque d’optimisation flagrant, ce qui empêche d’apprécier pleinement les détails visuels de la foule et des infrastructures, un point noir également soulevé sur PC et sa gestion des ressources excessive du titre par rapport au rendu affiché à l’écran.

Conclusion
Copa City souffle le chaud et le froid pour son arrivée sur console. D’un côté, sa proposition rafraîchissante, son ambiance vibrante et la richesse de ses mécaniques qui s’étendent des fanzones extérieures jusqu’à la gestion intime des vestiaires en font une très bonne alternative pour les amateurs du genre. De l’autre, sa maniabilité perfectible à la manette et ses lacunes graphiques évidentes gâchent une partie de l’expérience globale. Le titre reste une expérience très agréable pour ceux qui apprécient les simulations originales et qui sauront faire preuve de patience face à une technique datée, en attendant que les développeurs déploient des vagues de correctifs pour stabiliser le tout.
Verdict : 3/5
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