Avis – Warhammer 40,000: Boltgun 2

Sorti en 2023, le premier Boltgun avait su conquérir les amateurs de retro-FPS viscéraux en ressuscitant l’âge d’or des boomer shooters sous la bannière sanglante de l’Imperium. Auroch Digital et Big Fan Games remettent le couvert avec Warhammer 40,000: Boltgun 2, une suite directe qui entend consolider sa formule à coup de Bolter lourd, tout en apportant quelques retouches ciblées à sa structure. Verdict clavier et souris en main après plusieurs heures de purge hérétique sur PC.

Cet avis se base sur la version Steam (PC) Le titre est Totalement compatible Steam Deck

Deux héros, deux doctrines de combat

La plus grande nouveauté de ce second volet réside dans le dédoublement de son casting. Le joueur n’est plus cantonné au seul Sternguard Malum Caedo, puisqu’il peut désormais choisir d’incarner la Sœur Nyra Veyrath de l’Adepta Sororitas. Ce choix ne relève pas du simple parti pris esthétique, chaque combattant imposant son propre rythme en arène. Le Space Marine conserve son inertie destructrice, son Épée tronçonneuse iconique, ses grenades à fragmentation et hérite d’une capacité active dévastatrice, la Charge d’anéantissement, idéale pour s’enfoncer à pleine vitesse dans la mêlée et faire exploser les rangs ennemis. Plus agile et incisive, la Sœur Nyra manie quant à elle l’Épée Énergétique au corps-à-corps, s’équipe de grenades à fusion au pouvoir de perforation colossal et s’appuie sur la Glissade fervente, un dash rasant qui dynamise considérablement les esquives et le repositionnement. Côté armement lourd, on retrouve avec plaisir la quasi-totalité de l’arsenal grisant du premier épisode, à l’exception des grenades Krak et Vortex, habilement remplacées par les explosifs signature propres à chaque protagoniste.

Des biomes plus variés, mais une boucle toujours répétitive

Sur le plan visuel et spatial, Boltgun 2 gagne en maturité. Les niveaux abandonnent l’austérité parfois monotone des coursives industrielles du premier épisode pour s’ouvrir à des biomes plus diversifiés, traversant des marécages poisseux et des panoramas vertigineux de cités-ruches. La progression se veut également moins linéaire grâce à un nouveau système d’embranchements. Selon vos choix d’itinéraires, vous accédez à des niveaux alternatifs, offrant une véritable liberté de progression inédite pour la licence. Néanmoins, la boucle de gameplay fondamentale peine à se renouveler. L’action se résume encore trop souvent à pénétrer dans une vaste zone, déclencher une arène fermée saturée de hordes d’ennemis, puis chasser les traditionnelles clés d’accès de couleur pour déverrouiller la porte suivante. Cette fidélité absolue aux codes stricts du genre engendre par moments une sensation de redondance, en particulier lors des sessions prolongées où les affrontements s’enchaînent sans réelle surprise structurelle. Une nouveauté vient tout de même casser cette solitude : l’apparition ponctuelle d’alliés sur le terrain. Se battre aux côtés des redoutables soldats du Death Korps of Krieg lors de certaines missions donne enfin la sensation de participer à une véritable guerre à l’échelle de l’Imperium. Attention cependant, si leur présence renforce indéniablement l’ambiance, leur utilité au combat reste toute relative en raison d’une intelligence artificielle très limitée, les reléguant au rang de simple décor dynamique.

Bestiaire, technique et sensation rétro

Le bestiaire principal reste sensiblement identique à celui de l’opus initial, mais s’enrichit heureusement de nouveaux monstres uniques et de boss imposants, à l’image du terrifiant demi-dieu démoniaque Vashtorr, qui apportent un vrai pic de tension. Visuellement, le titre conserve son rendu hybride particulièrement réussi, mêlant un pixel art 2.5D généreux en démembrements à des environnements 3D fluides. Ce filtre rétro peut toujours être lissé ou accentué dans les options graphiques selon votre sensibilité nostalgique. Sur PC via Steam, l’optimisation se montre irréprochable, maintenant un framerate élevé et sans accroc au milieu du chaos pyrotechnique.

Durée de vie et occasions manquées

Comptez entre 4 et 10 heures de jeu pour boucler la campagne selon le niveau de difficulté choisi et votre propension à fouiller les recoins à la recherche de secrets. La rejouabilité s’avère nettement supérieure au premier volet grâce aux chemins alternatifs, aux deux personnages complémentaires et aux multiples modes de difficulté. On déplore toutefois deux occasions manquées. D’une part, la narration reste toujours au second plan, alors qu’un lore plus développé aurait donné davantage d’enjeux aux combats sans nuire à l’action. D’autre part, l’absence d’un mode multijoueur PvP se fait cruellement ressentir. Dans la pure tradition des premiers Doom ou Quake, des affrontements en arène auraient représenté le couronnement idéal pour prolonger le plaisir.

L’expérience globale n’en reste pas moins solide, et surtout très accessible : proposé à un prix de lancement honnête de 24,99 € sous le label Big Fan Games, Warhammer 40,000: Boltgun 2 ne réinvente pas la roue, mais peaufine avec efficacité la recette de son aîné. Plus varié dans ses décors et intelligemment enrichi par la dynamique du double personnage, il s’impose comme un défouloir rétro sanglant et jubilatoire. Si l’on pardonne une formule classique qui accuse encore quelques automatismes et des manques regrettables comme le multijoueur, le titre reste une excellente pioche pour les amateurs de fast-FPS sans concession.

Verdict : 4/5

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