Le célèbre avocat pénaliste et ancien ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti était de passage à Genève les 5 et 6 janvier pour présenter au Bâtiment des forces motrices « J’ai dit oui ! » son nouveau spectacle mis en scène par Philippe Lellouche. Accueilli par une salve d’applaudissements, cet ancien ténor du barreau surnommé « Acquittator » a proposé au public une plongée captivante dans son expérience de ministre de la Justice. Il a livré anecdotes et confidences inédites avec le talent oratoire qu’on lui connaît. Cette figure incontournable du barreau était du reste déjà monté sur les planches avec « A la barre » en 2019, un seul en scène qui avait obtenu un grand succès.

Disons-le d’emblée dans « J’ai dit oui ! » Dupont-Moretti ne mâche pas ses mots et n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il revient sur l’exaltation de sa nomination ainsi que sur ses premiers pas au Parlement dont il découvre peu à peu les us et coutumes. Il relate notamment la polémique sur le bras d’honneur à l’Assemblée nationale. Il évoque longuement le procès qui l’a visé devant la Cour de justice de la République en donnant sa version des faits. L’occasion de régler ses comptes avec les magistrats et de réhabiliter son honneur. Durant le spectacle, il narre avec brio ses relations houleuses avec les medias et livre ses réflexions sur notre société actuelle comme la dictature de la transparence, les dérives générées par les réseaux sociaux ou encore le désamour des politiques. Il rappelle aussi ses réussites comme les procès filmés.
Durant le récit de son expérience politique tourmentée, on retrouve avec bonheur le Dupont-Moretti des prétoires. Il se frotte les mains et glisse « Vous voulez une révélation ?» . Quand il parle de sa fonction, il est passionnant. L’humour et l’ironie sont aussi de la partie. On sourit lorsqu’il évoque sa campagne ratée aux régionales dans les Hauts-de-France. Mais aussi lorsqu’il revient sur l’ouverture d’un coffre à la disqueuse à l’occasion d’une perquisition dans son bureau. Ou encore quand cet adepte du style camusien raille la « noble langue » qui règne au sein de l’administration et lit des passages à titre d’exemple.
Autant dire que la salle qui était comble a été conquise et c’est du reste par une standing ovation que s’est terminée la représentation. C’est sûr Eric Dupond-Moretti a une présence et un talent indéniables.
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