HANGZHOU, CHINA - MAY 25, 2026 - Huawei logo captured in an office building in Hangzhou, Zhejiang Province, China on May 25, 2026. (Photo credit should read CFOTO/Future Publishing via Getty Images)

Huawei Ascend 960DT : la Chine accélère son offensive face à Nvidia dans l’IA

Huawei accélère sa feuille de route dans l’intelligence artificielle avec l’Ascend 960DT, désormais attendu dès le premier trimestre 2027. Face à Nvidia et aux restrictions technologiques américaines, le géant chinois mise également sur UnifiedBus et ses gigantesques systèmes Atlas SuperPoD pour construire une infrastructure IA toujours plus indépendante.

À l’occasion de Huawei Connect 2026, le géant technologique chinois a confirmé que son prochain accélérateur Ascend 960DT arriverait dès le premier trimestre 2027, soit trois trimestres plus tôt que prévu. Une accélération spectaculaire qui illustre les ambitions du groupe sur le marché stratégique des puces dédiées à l’IA.

Derrière cette annonce se dessine surtout une offensive beaucoup plus vaste. Privé d’un accès normal aux technologies américaines les plus avancées en raison des restrictions imposées par Washington, Huawei cherche à construire une alternative complète aux infrastructures dominées par Nvidia. Puces Ascend, interconnexion UnifiedBus, SuperPoD et gigantesques SuperClusters : le constructeur ne mise plus seulement sur les performances individuelles de ses processeurs, mais sur leur capacité à fonctionner par milliers comme une seule et immense machine.

Huawei Ascend 960DT : une arrivée avancée au premier trimestre 2027

David Wang, vice-président du conseil d’administration et président tournant de Huawei, a profité de Huawei Connect 2026 à Shanghai pour officialiser cette accélération du calendrier.

L’Ascend 960DT sera disponible au premier trimestre 2027, alors que la précédente feuille de route tablait sur une commercialisation trois trimestres plus tard. Huawei assure que le développement de la famille Ascend 960 progresse mieux que prévu et maintient son objectif consistant à doubler les performances d’une génération à l’autre. L’Ascend 960PR, davantage orienté vers l’inférence, doit quant à lui arriver au troisième trimestre 2027, avec également un trimestre d’avance.

Le constructeur chinois ne compte d’ailleurs pas ralentir la cadence. Huawei prévoit désormais de renouveler ses accélérateurs Ascend sur un cycle annuel : l’Ascend 970 est attendu en 2028, suivi de l’Ascend 980 en 2029. Au-delà de la puissance de calcul, le groupe promet de faire progresser parallèlement la bande passante et la capacité mémoire ainsi que les performances des interconnexions.

Une stratégie particulièrement agressive dans un secteur où Nvidia continue de disposer d’une avance importante, notamment grâce à son écosystème logiciel CUDA. Huawei cherche cependant à réduire progressivement cet écart en développant simultanément matériel, logiciels et infrastructures de calcul.

Peerium et UnifiedBus : Huawei veut construire un ordinateur géant

La stratégie du groupe ne repose cependant pas uniquement sur la puissance brute de l’Ascend 960DT. Huawei entend compenser les contraintes auxquelles sont confrontées ses puces en changeant d’échelle.

Sa nouvelle Peerium Computing Architecture repose sur une idée particulièrement ambitieuse : interconnecter des centaines de milliers de processeurs spécialisés afin qu’ils puissent fonctionner comme les composants d’un gigantesque ordinateur dédié à l’intelligence artificielle.

Au cœur de cette infrastructure se trouve UnifiedBus, une technologie d’interconnexion développée par Huawei pour faire communiquer processeurs, mémoire, stockage et équipements réseau au moyen d’une architecture unifiée. L’objectif consiste notamment à réduire les échanges superflus entre différents protocoles et à améliorer l’efficacité des énormes grappes de calcul nécessaires à l’entraînement et à l’inférence des modèles d’IA.

Atlas 960E SuperPoD : jusqu’à 4 096 NPU réunis

Cette philosophie se concrétise notamment avec l’Atlas 960E SuperPoD. Huawei annonce qu’un seul de ces systèmes peut rassembler jusqu’à 4 096 NPU et atteindre 8 EFLOPS de puissance de calcul FP8, avec une capacité HBM pouvant culminer à 1 pétaoctet.

L’entreprise associe pour cela UnifiedBus à sa nouvelle technologie d’interconnexion optique Hi-ONE basée sur le NPO, ou Near-Packaged Optics. Selon Huawei, cette architecture permet de réduire considérablement le nombre de modules optiques traditionnels nécessaires à l’interconnexion des processeurs tout en diminuant la consommation énergétique.

Mais le constructeur voit beaucoup plus grand. Plusieurs SuperPoD peuvent être réunis au sein d’un SuperCluster. Huawei indique qu’une architecture Clos à deux niveaux et quatre plans peut connecter jusqu’à 512 000 NPU. Avec une topologie multi-rail, le système pourrait même évoluer jusqu’à un million de processeurs spécialisés.

À cette échelle, la confrontation avec Nvidia ne se joue donc plus uniquement puce contre puce. Huawei tente de déplacer la compétition vers la conception globale des centres de calcul.

Huawei doit encore résoudre l’équation de la production

Ces ambitions considérables ne font cependant pas disparaître les difficultés industrielles auxquelles Huawei reste confronté. Eric Xu, président tournant du groupe, reconnaît notamment que la demande chinoise pour les infrastructures Ascend dépasse actuellement les capacités de production de l’entreprise.

Cette situation limite notamment les possibilités d’expansion internationale du constructeur. Les restrictions américaines compliquent parallèlement l’accès de Huawei à certaines technologies de fabrication de semi-conducteurs et aux accélérateurs les plus avancés de Nvidia.

C’est précisément dans ce contexte que la stratégie des SuperPoD prend tout son sens. Faute de pouvoir nécessairement rivaliser avec les meilleures puces concurrentes sur chaque caractéristique individuelle, Huawei cherche à multiplier les accélérateurs et à optimiser leur communication afin d’obtenir des performances compétitives à l’échelle du système.

Une approche qui impose toutefois des défis considérables en matière de consommation énergétique, de refroidissement, de fiabilité et de rendement global.

La Chine accélère vers son indépendance technologique

L’Ascend 960DT dépasse ainsi largement le cadre d’un simple lancement de processeur. Huawei occupe désormais une place centrale dans la volonté chinoise de réduire sa dépendance aux technologies étrangères pour les infrastructures d’intelligence artificielle.

Les restrictions américaines ont progressivement fermé l’accès de la Chine à plusieurs accélérateurs Nvidia de dernière génération et à certains équipements nécessaires à la fabrication des semi-conducteurs les plus avancés. Huawei cherche en conséquence à développer un écosystème complet capable de fonctionner avec un minimum de dépendances extérieures.

Le logiciel représente néanmoins une bataille au moins aussi importante que le silicium. Huawei développe son environnement CANN, désormais davantage ouvert aux contributions de la communauté, et revendique la prise en charge de plus de 90 projets open source majeurs. PyTorch reconnaît également Ascend comme backend d’accélération, une étape importante pour faciliter l’adoption de la plateforme auprès des développeurs.

Huawei et Nvidia, deux stratégies pour une même course à l’IA

La bataille qui se profile entre Huawei et Nvidia illustre finalement une profonde transformation du marché de l’intelligence artificielle. Nvidia conserve une position majeure grâce à la puissance de ses accélérateurs, à ses systèmes intégrés et surtout à l’écosystème CUDA construit depuis de nombreuses années. Huawei tente pour sa part de bâtir une alternative reposant sur une intégration extrêmement poussée entre processeurs, interconnexions, stockage et logiciels.

Cette compétition technologique s’inscrit inévitablement dans la rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine. Les restrictions américaines visent à limiter l’accès chinois aux technologies les plus avancées, tandis que Pékin encourage le développement de solutions nationales et la réduction de la dépendance envers les fournisseurs étrangers.

L’arrivée anticipée de l’Ascend 960DT constitue à ce titre un signal important. Huawei ne se contente plus de chercher une solution de substitution aux accélérateurs américains : le groupe construit progressivement sa propre architecture de calcul à très grande échelle.

Avec des SuperPoD regroupant plusieurs milliers de NPU et des SuperClusters susceptibles d’en réunir jusqu’à un million, la bataille de l’intelligence artificielle ne se joue désormais plus seulement sur quelques centimètres carrés de silicium. Elle se déplace à l’échelle de centres de données entiers, où architectures réseau, mémoire, logiciels et efficacité énergétique deviennent aussi déterminants que les performances intrinsèques des puces.

Et dans cette nouvelle course à la puissance informatique, Huawei entend manifestement ne plus rester dans l’ombre de Nvidia.

A propos Eric Rivera

Rédacteur en chef et journaliste RP, ma passion pour les jeux vidéo et la technologie ne faiblit pas depuis mon adolescence, qui me semble pourtant bien lointaine. Un recul cependant intéressant, puisqu'il me permet de jauger les nouveautés avec un regard plein d'expérience, couplé à une envie d'écrire de tous les jours.

Voir aussi...

Un contrôle optimal pour des possibilités infinies, Razer dévoile le Tartarus V2 Pro

Pensé pour offrir la précision et la réactivité attendues de la gamme Tartarus, le Tartarus …

Voyagez à travers les mondes avec KINGDOM HEARTS dans Fortnite

Fortnite | KINGDOM HEARTS est disponible ! Voici un aperçu de ce qui vous attend …

Bayonetta débarque bientôt dans Sonic Racing: CrossWorlds

À l’approche du Tokyo Game Show, SEGA a révélé, avec une nouvelle bande-annonce, le premier …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »