Avis – Pragmata – L’Odyssée lunaire de Capcom, transforme l’essai 

Après des années d’un développement entouré de mystère, Pragmata s’impose enfin comme une proposition singulière dans le catalogue de Capcom. Loin des mondes ouverts tentaculaires et épuisants, le titre fait le choix audacieux d’une aventure linéaire et nerveuse qui privilégie une approche old school et un gameplay solide basé sur un duo aussi attachant que marquant. 

Conditions de test : cet avis se base sur la version PlayStation 5 (PS5 Pro) pour laquelle il nous a fallu 14 heures pour boucler l’histoire principale en prenant le temps de fouiner un peu et de réaliser certains défis sans terminer à 100% tout ce qui est disponible. L’expérience offerte ici reste très solide et seul un bug, rencontré à plusieurs reprises dans des situations différentes, a pu venir entacher rapidement notre aventure. Après un changement, il est arrivé que le jeu devienne complètement muet. Les bruits de pas, des tirs ou interactions disparaissaient. La solution a été de revenir à notre HUB pour rétablir le problème. Rien de trop dérangeant qui se règle rapidement avec une simple mise à jour, sûrement par celle du patch day one.

Un exode vers la Lune

Pragmata s’inscrit dans la droite lignée de tout ce que la science-fiction propose aujourd’hui. Conquête spatiale, impact de l’intelligence artificielle, l’espoir de trouver la solution qui sauvera l’humanité et le paradoxe sur la cupidité humaine et des décisions qui en ressort. De ce contexte, Pragmata nous transporte dans un futur proche où la conquête de la lune est totale. L’humanité s’y est installée et exploite un nouveau minerai, le Lumen, qui permet à la science d’ouvrir ses champs de possibilités dans plusieurs domaines. Médecine, robotiques, structures, la Lunafibre extraite du Lumen permet de presque tout faire grâce à l’impression 3D.

Dans le contexte mis en place, nous incarnons Hugh Williams, ingénieur dans le domaine informatique, envoyé avec une équipe sur la lune afin de porter assistance et de rétablir les communications suite à des dysfonctionnements sur la base. Sans entrer trop en profondeur dans le récit et laisser place à la découverte, l’équipage va devoir faire face à une menace bien connue qui hante notre subconscient depuis les années 90, à savoir une IA incontrôlable qui souhaite qu’une seule chose : détruire l’humanité. Classique et déjà traité à plusieurs reprises, le récit nous pousse une nouvelle fois à la réflexion sur les conditions de vie et de la place de l’IA dans notre quotidien. C’est principalement sur cet aspect que les développeurs opposent deux regards et mettent le joueur directement en action afin de découvrir une relation particulièrement attachante, lorsque notre protagoniste rencontre sept, un androïde humanoïde avec les caractéristiques d’une fillette (Diana) plus connue sur sous le nom d’unité Pragmata.

Cette relation naissante père/fille centrale à la narration rythme l’aventure et apporte cette touche mignonne qui fait la différence. Puisqu’il en convient que, d’un point de vue scénaristique, on reste dans le domaine du déjà vu et n’apporte que très peu sur le sujet, bien que l’écriture et la mise en scène poussent à poursuivre l’aventure. D’ailleurs notons que Pragmata est entièrement doublé et propose, tout comme Resident Evil Requiem, un doublage de qualité bien que la synchronisation labiale laisse à désirer. Un gros plus tout de même au vu du risque pris par le studio pour une nouvelle licence.

Une dynamique de duo qui réinvente l’action

Là où beaucoup craignaient une énième mission d’escorte fastidieuse, Capcom livre un système de coopération asymétrique brillant. Hugh incarne la force brute, avec un feeling de tir lourd et satisfaisant, tandis que Diana devient le cerveau du duo. Ses capacités de piratage ne sont pas de simples gadgets, mais le cœur battant des affrontements. Le génie du titre réside dans le jonglage constant entre les phases de tir pur et les phases de piratage déclenchées par l’androïde afin d’affaiblir les défenses adverses. Cette dynamique transforme chaque combat en un puzzle nerveux où la réflexion compte autant que les réflexes, évitant ainsi toute sensation de répétitivité.

C’est d’autant plus vrai puisque les développeurs ont trouvé l’équilibre entre recyclage et nouveauté de gameplay en ajoutant en permanence de nouvelles façons d’aborder les affrontements, avec d’une part la diversité du bestiaire et d’autre part en ajoutant de nouvelles armes et aptitudes de piratage pour Diana. Avant chaque départ du refuge, le HUB central, ou pendant les phases d’exploration, on peut s’équiper et faire usage de différents types d’armes catégorisées en unités d’attaques, de défenses ou tactiques. S’ajoutent les différents nœuds de hacking à utiliser durant les phases de puzzles qui donnent certains avantages en combats, comme créer temporairement la confusion parmi nos ennemis, les immobiliser ou encore augmenter les dégâts subis. On peut également équiper divers modules pour ajouter des aptitudes passives qui peuvent jouer un rôle important. Tout ceci est bien entendu limité par le nombre d’armes et de nœuds pouvant être équipés à la fois, mais aussi dans leurs utilisations. De quoi donner une nouvelle fois une dimension tactique et créer différents builds qui s’adaptent à notre façon de jouer avant de se lancer dans la mêlée.

Un mot sur le refuge. Véritable HUB central qui offre à Hugh et à Diana un moment de répit entre deux affrontements, permet principalement d’améliorer tous les aspects de l’équipement. De la combinaison aux armes, mais également aux diverses capacités déverrouillables, cette petite touche empruntée aux RPG offre une vraie montée en puissance tout au long de l’aventure et permet de faire face aux dangers qui nous attendent grâce aux ressources récupérées en dénichant des coffres, ou en détruisant les robots et boss qu’on affronte. C’est aussi le lieu pour réunir les différents objets à collectionner cachés dans l’environnement, de débloquer une librairie de données pour approfondir le lore mais aussi de profiter des simulations d’entraînement. Les simulations sont différents défis à réaliser afin de débloquer de précieuses ressources. De quoi augmenter la durée de vie en jouant sur nos réflexes mais aussi sur nos nerfs.

D’ailleurs, Capcom a pensé aux joueurs puisqu’une fois l’histoire bouclée, l’option : nouvelle partie + devient disponible ainsi qu’un nouveau mode de difficulté pour ceux qui cherchent un défi plus corsé et ainsi approfondir les possibilités du gameplay. Mais ce n’est pas tout, parce qu’à la fin du générique une salle secrète se débloque. Intitulé Signal inconnu, une nouvelle salve de défis à réaliser apparaît et offre la possibilité de récupérer de nouvelles tenues, armes et modules. Ce prolongement du plaisir est particulièrement apprécié, puisque d’habitude ce genre de contenu se retrouve sous forme de DLC payant.

Une claque technique et artistique

Propulsé par un RE Engine au sommet de sa forme, Pragmata est visuellement une démonstration de force. Le jeu brille par sa direction artistique « NASA-punk » et offre un contraste saisissant entre la froideur technologique de la station lunaire et de ses paysages holographiques qui tentent de recréer une Terre perdue. Les environnements lunaires, bien que confinés, sont d’une richesse visuelle qui nous a bluffés. Chaque détail, des articulations de l’armure de Hugh, les effets de lumière aux expressions subtiles de Diana, témoigne du soin porté par le studio nippon. Mais la véritable prouesse réside dans la fluidité de l’action : même lorsque l’écran se retrouve saturé d’effets de particules et d’ennemis cybernétiques, l’expérience reste d’une stabilité exemplaire, appuyée par le mode graphique : framerate élevé sur PlayStation 5 Pro. Alors oui, Pragmata est très beau, mais on dénote l’absence purement et simplement d’interaction avec l’environnement puisque tout est et reste statique. 

L’efficacité du format court

Cependant, cette intensité a un prix. Avec une douzaine d’heures au compteur pour boucler l’histoire sans compter tous les défis à réaliser pour ceux qui souhaitent le 100%, Pragmata est une expérience courte qui pourra laisser les amateurs de longévité sur leur faim. Si le récit, aux airs de série B de science-fiction, se suit avec plaisir grâce à une mise en scène cinématographique, il n’évite pas certains clichés et laisse quelques zones d’ombre frustrantes. La bande-son, bien que correcte, peine également à marquer les esprits par des thèmes épiques. Pourtant, ces quelques bémols s’effacent rapidement devant le plaisir pur procuré par la progression. Capcom livre ici une œuvre sans gras, qui préfère marquer l’esprit par son rythme effréné et sa cohérence plutôt que par un remplissage artificiel prouvant la maîtrise du studio sur l’art du divertissement millimétré. C’est un pari risqué, mais totalement gagnant pour qui cherche une aventure solo mémorable et maîtrisée de bout en bout.

Verdict : 4/5

A propos cedric

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