Avis – Devil May Cry 5 : Devil Hunter : le roi du hack ‘n’ slash s’offre un portage nomade solide sous compromis

Sept ans après sa claque initiale sur les consoles de salon, le chef-d’œuvre de Capcom s’invite sur la nouvelle génération hybride de Nintendo dans une mouture exclusive baptisée Devil Hunter Edition. Cette version condensée se donne pour mission de faire tourner le gourmand RE Engine au creux de nos mains. C’est un immense régal de retrouver d’office le trio de choc formé par Dante, Nero et Vergil au complet dans cette édition. L’expérience de jeu s’annonce particulièrement généreuse, prête à distribuer les vagues de combos à tous les étages.

Un framerate intouchable mais de lourds sacrifices

Sur le plan technique, Capcom a fait un choix radical mais payant en sacralisant la fluidité. Dans un titre aussi exigeant et nerveux, où le rang de style dépend d’une esquive à la frame près, le taux de rafraîchissement reste le nerf de la guerre. Le pari est tenu puisque le jeu affiche une solidité exemplaire à soixante images par seconde, que l’on joue sur sa télévision ou en déplacement.

Cependant, cette stabilité de tous les instants ne se fait pas sans de lourds sacrifices graphiques. Pour maintenir ce framerate de combat, le moteur s’appuie sur une résolution dynamique très agressive et fait une croix définitive sur le ray tracing. Si le compromis fait globalement le boulot en action, le rendu visuel reste indéniablement en dessous des standards des consoles de salon traditionnelles et se rapproche plus d’une version PlayStation 4 améliorée. Le constat est particulièrement visible en mode portable, où la définition baisse d’un cran pour sauver les performances, laissant parfois apparaître un flou prononcé. Cette baisse de résolution nuit d’ailleurs ponctuellement à la lisibilité des combats lorsque l’on incarne V, le contrôle de ses chimères à distance devenant un peu plus brouillon dans le creux des mains. Par ailleurs, de légers ralentissements viennent ponctuellement entacher les cinématiques en mode nomade, même si ces hoquets disparaissent fort heureusement dès que l’on reprend le contrôle des personnages.

Le confort du mode Dock face à la liberté nomade

En matière de prise en main, cette dualité entre salon et mobilité offre deux expériences distinctes. Jouer en mode TV reste indéniablement la meilleure option pour un confort de jeu optimal. La combinaison d’une manette classique et d’un grand écran permet de conserver une lisibilité indispensable au milieu du chaos des effets de particules et des assauts démoniaques. Néanmoins, le plaisir d’avoir Dante directement dans la poche et de pouvoir lancer une mission n’importe où, avec une telle réactivité, procure une liberté assez grisante qui compense largement les concessions esthétiques imposées par l’écran de la console.

l’intégrale des DLC face aux manques de la version 2020

Côté contenu, la généreuse proposition de cette édition se traduit par l’intégration d’office de tous les contenus téléchargeables sortis à ce jour, à commencer par le style de combat ultra-rapide de Vergil et l’arsenal fantaisiste des bras mécaniques de Nero. Le tableau aurait pu être parfait si cette édition n’avait pas dû faire l’impasse sur les ajouts majeurs de la version parue en 2020 sur PlayStation 5 et Xbox Series. Le manque de modes spécifiques se fait cruellement sentir, notamment l’absence du mode Turbo qui booste la vitesse globale, et du mode Legendary Dark Knight qui sature l’écran d’ennemis. Des fonctionnalités gourmandes que l’architecture hybride n’aurait probablement pas pu encaisser sans fléchir. On pourra également regretter que Capcom n’ait pas profité de l’occasion pour moderniser une interface et des menus généraux qui trahissent aujourd’hui les sept ans du titre, même si cela reste un détail très secondaire face à la nervosité du gameplay.

Conclusion et note

En fin de compte, malgré une résolution parfois un peu basse en nomade, l’absence des modes de jeu les plus exigeants de la version de 2020 et un habillage un peu daté, ce portage remplit sa mission principale avec brio. En privilégiant l’action pure grâce à un framerate irréprochable et un contenu de base exhaustif, Capcom signe une adaptation très solide. Le confort du salon reste à privilégier pour le scoring, mais pouvoir emporter ce monument du jeu d’action partout avec soi reste un argument imparable pour tous les amateurs de style.

Verdict : 4/5

A propos Cédric

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