La Mazda 6e marque le retour de la célèbre berline familiale dans une version entièrement électrique. Autonomie réelle, vitesse de recharge, comportement routier, confort, qualité de fabrication et technologies embarquées découvrez notre analyse complète de cette nouveauté très attendue.
Le retour de la Mazda 6 était attendu avec impatience par les amateurs de la marque japonaise. Beaucoup espéraient voir renaître la célèbre berline sous la forme d’un modèle thermique à propulsion, animé par un prestigieux moteur six cylindres en ligne, dans l’esprit du spectaculaire concept Vision Coupé dévoilé en 2017. Finalement, le constructeur d’Hiroshima a emprunté une tout autre voie. Rebaptisée Mazda 6e, cette nouvelle génération abandonne définitivement les motorisations thermiques au profit d’une propulsion 100 % électrique. Derrière son élégante silhouette et son positionnement tarifaire particulièrement agressif se cache toutefois une réalité moins évidente : cette berline est largement issue du savoir-faire du constructeur chinois Changan Automobile. Un choix stratégique qui permet à Mazda de revenir rapidement sur le marché des grandes berlines électriques, mais qui modifie sensiblement l’expérience proposée aux conducteurs.
Une Mazda 6 électrique au design réussi, mais aux origines chinoises assumées
Visuellement, la Mazda 6e respecte avec fidélité les codes esthétiques de la marque. Longue de 4,92 mètres, plus large et légèrement plus haute que la précédente Mazda 6, elle conserve une silhouette élégante et dynamique malgré l’intégration d’une imposante batterie logée sous le plancher.
Sous cette carrosserie raffinée se cache pourtant une architecture bien différente des habitudes du constructeur japonais. Cette berline repose sur la plateforme EPA1 développée par le groupe chinois Changan Automobile, déjà utilisée par plusieurs modèles commercialisés en Asie, notamment les Deepal SL03, Deepal L07 et Nevo A07. En Chine, cette voiture est d’ailleurs commercialisée sous le nom de Mazda EZ-6.
Cette coopération industrielle permet à Mazda de proposer une offre compétitive sans attendre l’arrivée de sa future plateforme électrique propriétaire Skyactiv-EV, prévue dans les prochaines années.

Deux batteries disponibles : une surprise technique inattendue
La Mazda 6e est proposée avec deux configurations de batterie.
La première, d’une capacité brute de 68,8 kWh, utilise une technologie LFP (Lithium-Fer-Phosphate) fournie par CATL. Elle revendique une autonomie de 479 kilomètres selon le cycle WLTP et peut récupérer de 10 à 80 % de charge en seulement 24 minutes grâce à une puissance maximale de 165 kW en courant continu. Pour une architecture en 400 volts, ces performances figurent parmi les meilleures du segment.
La seconde version embarque une batterie de 80 kWh utilisant une chimie NMC (Nickel-Manganèse-Cobalt). Son autonomie grimpe à 552 kilomètres WLTP, soit seulement 73 kilomètres supplémentaires malgré une capacité nettement supérieure.
C’est surtout la recharge qui surprend. Alors que l’on pourrait s’attendre à une montée en puissance, cette version limite sa recharge rapide à 90 kW, imposant 47 minutes pour passer de 10 à 80 %. Une durée particulièrement longue qui réduit fortement l’intérêt de cette version pour la majorité des utilisateurs.
Les deux modèles bénéficient en revanche d’un chargeur embarqué de 11 kW en courant alternatif, permettant une recharge complète en environ 7 h 30 pour la petite batterie et 8 h 40 pour la version Grande Autonomie.



Une consommation maîtrisée
Lors de notre essai de la version équipée de la batterie de 68,8 kWh, la consommation s’est révélée particulièrement encourageante.
À vitesse stabilisée de 110 km/h, la Mazda 6e a affiché une moyenne de 18,5 kWh/100 km, tandis que les parcours urbains et périurbains permettent facilement de descendre sous cette valeur. Des chiffres cohérents avec la consommation officielle annoncée à 16,6 kWh/100 km, preuve d’une efficience globalement réussie.


Au volant : une conduite agréable… tant que l’on reste calme
Les premières minutes au volant laissent penser que Mazda a su préserver son savoir-faire habituel. Les sièges, confortables et bien dessinés, assurent un excellent maintien général malgré un soutien latéral perfectible.
Le confort de suspension apparaît satisfaisant sur autoroute, où les bruits aérodynamiques sont particulièrement bien contenus. Les longs trajets deviennent rapidement agréables.
En revanche, dès que la route devient plus sinueuse, le caractère habituellement dynamique des Mazda disparaît presque totalement.
La direction manque cruellement de précision et de retour d’information. Beaucoup trop assistée, elle transmet une sensation artificielle qui nuit à la confiance du conducteur. Même le mode Sport ne parvient pas réellement à corriger cette impression.
Les 258 chevaux et 320 Nm de couple, transmis aux roues arrière, offrent des accélérations suffisantes mais restent volontairement lissés par une électronique très présente.
Les limites apparaissent encore davantage lors des freinages appuyés. La pédale présente une sensation spongieuse peu rassurante, tandis que le train avant s’écrase rapidement à l’inscription en virage avant de laisser apparaître un sous-virage marqué.
Contrairement aux précédentes productions de la marque japonaise, la Mazda 6e privilégie clairement une conduite souple et coulée plutôt qu’un comportement dynamique.

Un habitacle premium mais profondément numérisé
L’intérieur constitue probablement la plus grande rupture avec les Mazda traditionnelles.
Exit la célèbre molette de commande centrale et les nombreux boutons physiques. La Mazda 6e adopte une immense dalle tactile flottante de 14,6 pouces qui concentre pratiquement toutes les commandes du véhicule.
L’ensemble demeure élégant, notamment dans la finition Takumi Plus, qui associe cuir, suédine et inserts décoratifs particulièrement flatteurs.
La qualité d’assemblage inspire confiance, même si certains détails trahissent l’origine chinoise du véhicule. Plusieurs éléments de planche de bord, les commodos ou encore l’instrumentation numérique proviennent directement de la Deepal SL03.
À l’arrière, l’espace disponible impressionne. Le plancher totalement plat et les généreuses places aux jambes offrent un excellent confort aux passagers.
Le coffre affiche un volume de 337 litres, extensible jusqu’à 466 litres sous pavillon, auquel s’ajoute un compartiment avant de 72 litres, particulièrement pratique pour les câbles de recharge.
Une interface multimédia performante mais perfectible
La nouvelle interface numérique constitue l’un des aspects les plus controversés de cette Mazda 6e.
Si l’écran de 14,6 pouces bénéficie d’une excellente définition, son fonctionnement souffre parfois de ralentissements et de latences.
Modifier simplement la température de climatisation nécessite plusieurs manipulations, tandis que certaines fonctions essentielles, comme la désactivation des aides à la conduite ou les réglages des essuie-glaces, demandent de parcourir des menus complexes.
L’instrumentation numérique de 10,2 pouces reste lisible, même si certains affichages utilisent une typographie étonnamment réduite.
Cette philosophie très orientée logiciel rappelle davantage les productions chinoises que les habitudes ergonomiques auxquelles Mazda avait habitué ses clients.
Prix Mazda 6e : un rapport équipement/prix particulièrement agressif
La Mazda 6e est commercialisée à partir de CHF 43600.- en finition Takumi, tandis que la finition Takumi Plus réclame CHF 45450.-
L’intégralité des équipements est incluse de série, seules les teintes de carrosserie étant proposées en option.

Verdict : une berline électrique séduisante, mais une Mazda pas tout à fait comme les autres
La Mazda 6e constitue une proposition particulièrement intéressante sur le marché des grandes berlines électriques grâce à son design réussi, son équipement très généreux, sa consommation maîtrisée et son prix particulièrement compétitif.
En revanche, les fidèles de Mazda pourraient être surpris par cette orientation très marquée vers les technologies et les interfaces numériques héritées de Changan. Son comportement routier manque également de la précision et du plaisir de conduite qui ont longtemps fait la réputation du constructeur japonais.
Pour ceux qui recherchent avant tout une grande berline électrique élégante, bien équipée et financièrement accessible, la Mazda 6e représente une alternative crédible face aux modèles européens et chinois. Les puristes de la marque, en revanche, risquent de regretter que cette nouvelle génération sacrifie une partie de l’ADN dynamique de Mazda au profit d’une approche plus consensuelle et largement influencée par son partenaire chinois.
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